Le sport au service de la cohésion - Démarches, méthodes, outils et panorama d'initiatives associatives


Publié le 21/01/2019

Pour agir efficacement en faveur des territoires urbains fragiles, la politique de la ville s’appuie sur une démarche de mobilisation des actions relevant des politiques publiques de droit commun. Parmi les politiques de droit commun ciblées, celle du sport constitue un levier important de lutte contre les fractures territoriales et de réduction des inégalités sociales auxquelles les habitants des quartiers prioritaires (QPV) sont particulièrement exposés.

Ces dernières années, la mobilisation des politiques sportives au service des zones les plus fragiles s’est notamment appuyée sur le plan « Citoyens du sport » issu du Comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté (CIEC) du 6 mars 2015, l’ambition étant de promouvoir l’activité physique et sportive (APS) régulière et encadrée dans une démarche éducative favorisant la mixité sociale et de genre. En 2018, l’État poursuit cet effort dans le domaine du soutien à la pratique du sport inclusif en profitant de la désignation de Paris comme ville hôte des Jeux olympiques et paralympiques 2024 (JOP2024) pour mettre en place un programme Héritage destiné à « faire de la France une nation plus sportive et plus active » mais aussi à « mettre en avant la capacité indéniable du sport à constituer un vecteur de politiques publiques dans de nombreux secteurs et à fédérer autour de ses valeurs des projets qui le dépassent ». Dans ce cadre, le Centre national pour le développement du sport (CNDS) a élaboré un plan « Héritage et société » doté d’une enveloppe de 20 millions d’euros dédiée à la construction d’équipements de proximité en accès libre, au soutien d’actions locales dans le cadre de la Fête du sport, à la poursuite du plan « J’apprends à nager » et à l’accompagnement de projets favorisant l’innovation sociale par le sport. Parallèlement à la préparation de ces JOP2024 inclusifs, le Ministère de la cohésion des territoires a lancé dès la fin de l’année 2017 une grande mobilisation nationale en faveur des habitants des territoires urbains fragiles qui a abouti, le 18 juillet 2018, à la mise en place d’une nouvelle feuille de route en matière de politique de la ville. Ce chantier national a été l’occasion de porter un regard renouvelé sur l’action publique, la politique du sport ayant fait l’objet d’une réflexion à part entière.

À l’aune de cette double actualité, le CGET a souhaité illustrer les complémentarités et les croisements possibles entre deux politiques distinctes, l’une étant sectorielle et l’autre davantage interministérielle : celles du sport et celle de la politique de la ville. Pour cela, une série d’entretiens a été réalisée auprès de partenaires associatifs déployant dans les quartiers prioritaires des actions innovantes dans le domaine de la pratique sportive inclusive. À travers un état des lieux d’une sélection d’expériences inspirantes, cette exploration de terrain a permis de confirmer :

  • L’importance de mener des actions contextualisées, transversales et reposant sur une vision partagée des enjeux sociaux et urbains d’un territoire.
  • La nécessité de s’adosser, pour ce faire, sur une ingénierie de projet à la fois souple et robuste, permettant au projet de s’adapter aux besoins spécifiques de chaque territoire.

Pleinement conçu dans l’esprit de ces deux idées forces, le livret est organisé en deux volets. La première partie est l’occasion d’interroger plusieurs concepts incontournables de la gestion de projet au regard des expériences vécues par les associations interrogées. Elle se structure autour de cinq fiches méthodologiques : le partenariat (fiche n°1), la mobilisation et la diversification du public (fiche n°2), l’accompagnement des équipes (fiche n°3), l’évaluation (fiche n°4) et le changement d’échelle (fiche n°5). La deuxième partie illustre, à partir de quatre exemples monographiques concrets, les formes que peut prendre le déploiement opérationnel d’un projet de pratique sportive à dimension sociétale.

L’ambition générale du livret est d’offrir une photographie (non exhaustive) des dynamiques concourant à faire du sport un instrument au service de la cohésion des territoires. À la manière de la démarche « rétro-prospective » des 40 ans de la politique de la ville, son contenu donne des clés de lecture - et ne fournit pas nécessairement de réponses - pour interroger les pratiques professionnelles à l’aune d’une sélection d’expériences accompagnées par le CGET.