Publié le mercredi 20 mai 2020
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Louis-Jean de Nicolaÿ, sénateur de la Sarthe, siège au conseil d’administration de l’ANCT. Il nous parle des attentes des territoires envers l’Agence dans la période de relance économique et sociale qui s’ouvre. Il aborde également les enjeux du programme consacré aux petites villes de demain, que l’Agence prépare, pour leur « donner un coup d’avance », et le rôle du Parlement dans le suivi des politiques publiques qu’elle met en œuvre.

Louis-Jean de Nicolaÿ, sénateur de la Sarthe, siège au conseil d’administration [1] de l’ANCT. Il nous parle des attentes des territoires envers l’Agence dans la période de relance économique et sociale qui s’ouvre. Il aborde également les enjeux du programme consacré aux petites villes de demain, que l’Agence prépare, pour leur « donner un coup d’avance », ainsi que le rôle du Parlement dans le suivi des politiques publiques qu’elle met en œuvre.

Pour un territoire comme le vôtre, la Sarthe, et l’ensemble des territoires français, qu’attendez-vous de l’ANCT dans la période de relance économique et sociale qui s’ouvre ?

Je pense que les élus attendent avant tout une écoute bienveillante de la part de l’État. Ils sont satisfaits de disposer d’un guichet unique et les comités locaux de cohésion territoriale, dont le secrétariat sera assuré par les préfets, devront pleinement jouer leur rôle. Chaque territoire a des atouts et des besoins différents. L’ANCT devra adopter une approche différenciée. Nous devons parvenir à un aménagement plus équilibré et durable de notre territoire. Cela devient urgent.

Plusieurs enjeux m’apparaissent essentiels, y compris pour la Sarthe : la lutte contre la fracture numérique et contre la fracture sanitaire, ainsi que le soutien aux projets locaux allant dans le sens de la transition écologique, de l’économie circulaire et des circuits courts. Nos campagnes sont attractives, et l’État doit les accompagner en suivant les phénomènes de renoncement aux soins dans les déserts médicaux, en assurant un égal accès au numérique pour appuyer le développement du télétravail et la digitalisation économique, en soutenant le déploiement des mobilités douces.

Les collectivités auront besoin d’un soutien technique et financier pour traiter ces dossiers.

L’ANCT prépare, avec la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, un plan de revitalisation pour les petites villes de demain. Quels sont les enjeux et les besoins, à votre avis ?

Le Sénat a produit des travaux sur la revitalisation des petites et moyennes centralités, qui irriguent notre territoire. Aujourd’hui, l’enjeu est double : il s’agit d’une part d’amplifier le dynamisme de certains centres et hyper-centres et, d’autre part, de remédier aux situations les plus préoccupantes en termes de dévitalisation. Il faut donner à nos petites villes un « coup d’avance » par rapport aux nécessaires mutations environnementales et économiques pour améliorer leur résilience et leur attractivité.

Je crois nécessaire de repenser le rapport entre nos villes et nos campagnes, des littoraux aux montagnes, pour adopter une vision positive de la ruralité et replacer le principe d’égalité des territoires au cœur de nos politiques publiques. Cela passe par un diagnostic territorial partagé avec les élus et les populations et par des actions concrètes, avec des innovations sur l’allocation du foncier, l’urbanisme, nos circuits d’échange et le maillage territorial des services publics.

Le travail de redéfinition de la notion d’espace rural, engagé avec l’Insee, nécessite une collaboration de tous les élus et une forte implication de l’ANCT.

Quelle vision avez-vous de la représentation du Sénat, et plus largement du Parlement, au sein du conseil d’administration de l’ANCT ?

La loi du 22 juillet 2019 portant création de l’Agence reflète en partie la vision du Sénat. Malgré un désaccord avec le Gouvernement et l’Assemblée nationale sur sa gouvernance, des apports du Sénat visant à mieux associer les élus au fonctionnement du nouvel opérateur ont été préservés. Je pense à la présence de deux députés et deux sénateurs au conseil d’administration, à la transmission aux commissions parlementaires compétentes des conventions pluriannuelles conclues par l’ANCT avec l’Anru, l’Anah, l’Ademe, le Cerema et la Caisse des dépôts ou, encore, à la procédure prévue au cinquième alinéa de l’article 13 de la Constitution pour la nomination du directeur général.

Le rôle des parlementaires est d’évaluer les politiques publiques mises en œuvre par le Gouvernement à travers l’ANCT. Nous devons donc vérifier qu’elle couvre la diversité des besoins des collectivités et contribue au développement territorial. Cela s’exprime sur le terrain, dans nos échanges avec les élus, dans nos déplacements et au Parlement, avec les débats budgétaires, à l’automne, pour les crédits attribués à l’Agence et lors des travaux législatifs et de contrôle en commission.

Crédit photo : DR

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