Publié le jeudi 20 décembre 2018
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11 000 emplois directs ont été générés par les contrats de redynamisation du site de défense (CRSD), depuis 2008. Adaptés aux besoins des territoires, ces contrats – que coordonne le CGET avec le ministère des Armées – évoluent en fonction des projets des collectivités et de leur potentiel économique. Rencontre avec Patrick Cunin, ingénieur en chef de l’armement et conseiller-expert chargé de suivre les restructurations de sites et industries de défense au CGET.

11 000 emplois directs ont été générés par les contrats de redynamisation du site de défense (CRSD), depuis 2008. Adaptés aux besoins des territoires, ces contrats – que coordonne le CGET avec le ministère des Armées – évoluent en fonction des projets des collectivités et de leur potentiel économique. Rencontre avec Patrick Cunin, ingénieur en chef de l’armement et conseiller-expert chargé de suivre les restructurations de sites et industries de défense au CGET.

Les CRSD s'adaptent en fonction des besoins des collectivités. Cette évolution montre-t-elle qu'ils s’inscrivent dans de vrais projets de territoire ?

Oui, parce que ce sont des contrats « vivants », qui répondent, évoluent et s’adaptent aux besoins et aux potentiels du territoire. Ils sont élaborés avec les collectivités locales, le Département, la Région et les services de l’État à partir d’un diagnostic territorial qui a pour objectif d’identifier les axes majeurs de développement économique.

La fermeture d’importants sites militaires est une situation difficile à absorber pour une ville sur les plans économique et démographique. Mais le CRSD représente un atout pour les collectivités qui récupèrent du foncier à moindre coût. Déployés sur cinq ans au maximum, les CRSD portent sur des activités touristiques ou culturelles, la création de logements sociaux, de campus des métiers… Mais, le plus souvent, il s’agit d’opérations liées au développement économique car l’enjeu, c’est la création d’emplois.

Depuis 2008, la fermeture de sites de défense a donné lieu à 32 contrats de redynamisation de site de défense et 33 plans locaux de redynamisation (PLR). Ils ont généré 11 000 emplois directs, et 10 000 emplois supplémentaires sont sur le point de se concrétiser.

Quel rôle joue le CGET dans cette démarche ?

Le CGET, qui travaille en étroite collaboration avec le ministère des Armées, assure la coordination interministérielle des contrats. Il préside le Comité technique interministériel (CTI), dont il assure le secrétariat. Il a un rôle d’accompagnement dans l’élaboration et le suivi technique et financier des CRSD, à travers le Fonds national d’aménagement et de développement du territoire (Fnadt) et le Fonds pour les restructurations de la défense (Fred), dont l’effet de  levier pour les investissements des collectivités est avéré.

Repères
Le contrat de redynamisation de site de défense (CRSD) intervient quand une fermeture de site militaire entraîne une perte d’au moins 200 emplois. C’est un outil d’appui d’une durée de quatre à cinq ans au maximum. Piloté par le préfet de département, le projet de contrat et ses avenants sont  soumis à l’arbitrage et à la validation du Premier ministre.
Actuellement, la 2e vague des CRSD (2014-2019) concerne huit sites : Châlons-en-Champagne (51), Châteaudun (28), Creil (60), Dijon-Longvic (21), Drachenbronn (67), Luxeuil-les-Bains (70), la Polynésie française (987) et Varennes-sur-Allier (03).
En savoir plus : https://www.defense.gouv.fr/dar/contrats-et-plans [1]

Zoom sur deux CRSD, à Creil et à Commercy

  • À Creil (60), le contrat de redynamisation du site de défense évolue

« Les collectivités locales se sont rendu compte qu’elles ne peuvent pas maintenir ni, a fortiori, développer une activité aéroportuaire civile sur l’emplacement de l’ancienne base de l’armée de l’Air. Ce constat les a amenées à réexaminer en profondeur, avec les acteurs socio-économiques, le contenu du CRSD* », explique Patrick Cunin. Elles ont donc identifié de nouvelles actions, comme l’extension de zones d’activités pour répondre à la demande des entreprises ou la réhabilitation de l’ancien site de l’IGN (Institut national de géographie), parti à Beauvais : dans ce cas précis, trois bâtiments seront rénovés et aménagés pour accueillir des activités innovantes.

Ces nouveaux projets devraient déboucher sur la création de 600 emplois au minimum, d’ici quatre à cinq ans.

* Avenant au contrat signé le 20/12/2018.

  • Grand Est : naissance d’une filière innovante

À Commercy (55), sur le parc d’activités du Seugnon, le CRSD a facilité l’installation des ateliers de fabrication d’aubes d’avion en composite du groupe Safran. De son côté, la région Grand Est a mis en place une formation spécifique dans les composites pour que l’entreprise puisse trouver les savoir-faire sur place et recruter localement. Autour de cette activité nouvelle, des sous-traitants s’installent à leur tour. Le projet devrait conduire, à terme, à la création de 1 000 emplois directs. Cette implantation change la physionomie de la ville, qui se revitalise en un temps record !

© N. Kharbache/Communication du CGET

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