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La France compte aujourd’hui 22 métropoles, c’est-à-dire 22 intercommunalités aux compétences renforcées, dans les domaines du développement économique et du logement notamment.

Créé par la loi de réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010, le statut institutionnel de métropole reconnaît le phénomène de métropolisation, à l’œuvre depuis plusieurs décennies.

Ce phénomène fait des grands pôles urbains des espaces de concentration de la population et surtout des emplois, mais aussi des portes d’entrée de la mondialisation, des territoires pleinement insérés dans l’économie tertiarisée. Ces grands pôles urbains présentent ainsi une part élevée d’emplois dans les secteurs des services supérieurs aux entreprises (financiers, logistiques, de l’information et de la communication, de l’ingénierie), les fonctions de contrôle et de commandement, la formation et la culture.

Les métropoles institutionnelles

Le statut

Le statut institutionnel de métropole a été créé par la loi de réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010. La loi relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain du 28 février 2017 a fixé de nouveaux critères de définition et la création de 7 nouvelles métropoles. Depuis le 1er janvier 2018, les métropoles sont au nombre de 22.

Parmi elles :

  • Bordeaux, Brest, Clermont-Ferrand, Dijon, Lyon, Nancy, Lille, Aix-Marseille, Nantes, Nice, Orléans, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulouse et Tours sont issues d’une transformation directe de « communautés urbaines », ces dernières représentant, avant la loi Maptam, le plus haut niveau d’intégration intercommunale ;
  • Grenoble, Metz, Montpellier, Rennes, Rouen et Toulon sont issues d’une transformation directe de « communautés d’agglomération » ;
  • Lyon est une collectivité territoriale à statut particulier et les métropoles du Grand Paris et d’Aix-Marseille-Provence sont des métropoles à dispositions particulières.

 

Critères de définition d’une métropole

Peuvent accéder au statut de métropole :

  • les EPCI qui forment, à la date de la création de la métropole, un ensemble de plus de 400 000 habitants ;
  • les EPCI centres d’une zone d’emploi de plus de 400 000 habitants comprenant dans leur périmètre le chef-lieu de la région ;
  • les EPCI de plus de 250 000 habitants ou comprenant dans leur périmètre, au 31 décembre 2015, le chef-lieu de la région, centres d’une zone d’emploi de plus de 500 000 habitants.

 

Les compétences

Les dispositions de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles du 27 janvier 2014, dite loi Maptam, ont accru les compétences des métropoles. Ainsi, les métropoles de droit commun sont des EPCI à fiscalité propre exerçant de plein droit des compétences renforcées, en lieu et place des communes membres, dans plusieurs domaines :

  • le développement et l’aménagement économique, social et culturel ;
  • l’aménagement de l’espace métropolitain ;
  • la politique locale de l’habitat ;
  • la politique de la ville ;
  • la gestion des services d’intérêt collectif ;
  • la protection et la mise en valeur de l’environnement et la politique du cadre de vie.

Les métropoles peuvent exercer également, par délégation de l’État, des compétences en matière d’habitat (exercice de la responsabilité de la garantie du droit au logement opposable ; gestion de l’hébergement d’urgence). Elles peuvent encore exercer, par convention, des compétences relevant du département (comme la gestion du fonds de solidarité pour le logement) ou de la région. Enfin, les métropoles assurent la fonction d’autorité organisatrice des compétences qu’elles exercent sur leur territoire.

 

En savoir plus

La métropolisation : forces et faiblesses

La métropolisation est un processus qui a été abondamment documenté et analysé par les géographes, les économistes, les sociologues comme les chercheurs en sciences politiques. Ils ont mis en avant une série de caractéristiques, que nous avons synthétisées ci-après.

Des forces et atouts

Sous le coup de puissants effets d’agglomération, les plus grandes aires urbaines concentrent la population et plus encore les emplois et les créations d’emplois. Depuis 1975, l’emploi croît en effet principalement dans les grandes aires urbaines : 78% des emplois étaient situés dans une grande aire urbaine en 1975, 81,8% en 2015. Réalisant plus de la moitié du PIB national, les grandes aires urbaines françaises sont considérées comme les moteurs économiques du pays. 

Les grandes aires urbaines
Une « grande aire urbaine » est un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
Voir la définition de l’Insee.

« Effets positifs » ou « gains d’agglomération »
On regroupe sous l’expression « effets positifs » ou « gains d’agglomération » les effets positifs générés par la concentration géographique des personnes et des activités. La concentration des personnes et des emplois à un même endroit augmente, pour les entreprises, le nombre de clients potentiels (effet de débouché), pour les travailleurs, les opportunités de trouver un emploi adapté, pour les employeurs, les opportunités de trouver un employé performant (effet d’appariement) et pour les donneurs d’ordre, les opportunités de trouver le meilleur sous-traitant possible (effet d’optimisation de la chaîne de sous-traitance). La concentration des innovateurs et des activités à fort contenu technologique encourage par ailleurs la circulation des connaissances et des idées ainsi que la diffusion des innovations et des technologies.

Les grandes aires urbaines sont également des portes d’entrée de la mondialisation. Elles captent une part importante des investissements étrangers (92% des installations d’entreprises étrangères en 2018 d’après Business France), accueillent des activités innovantes et secteurs de pointe (89% des emplois dans les secteurs industriels des hautes technologies en 2015), déposent l’essentiel des demandes de brevets, exercent des fonctions dites « métropolitaines supérieures » (92,3% des emplois de ces fonctions sont concentrés dans les grandes aires urbaines), notamment de contrôle et de commandement, offrent des services et aménités rares. Leur insertion dans l’économie globalisée, financiarisée, s’appuie en grande partie sur une très forte connexion au monde, qu’elle soit physique (aéroports, TGV et autres infrastructures de transport) comme numérique (très haut débit).

Les 11 fonctions métropolitaines supérieures
La liste des 11 fonctions métropolitaines supérieures a été créée après le recensement de la population de 1990 pour compléter l’analyse traditionnelle par secteur d’activité et mettre en évidence les fonctions caractéristiques des plus grandes villes. L’emploi qui en relève correspond essentiellement au plus haut niveau de qualification (cadre ou ingénieur) et englobe notamment le tertiaire supérieur (services supérieurs aux entreprises dans les domaines des services financiers, logistiques, de l’information et de la communication, de l’ingénierie ; contrôle et réglementation des systèmes politiques, administratifs, économiques et sociaux ; tertiaire de la formation et de la culture).
Voir la définition de l’Insee.

Des faiblesses et vulnérabilités

Mais le développement des grandes aires urbaines s’accompagne :

  • d’une périurbanisation croissante, entrainant des déplacements domicile-travail de plus en plus longs et nombreux (la distance médiane parcourue par les personnes ayant un emploi dans une métropole est passée de 8,1km à 8,6 entre 2006 et 2015, elle s’élève à 32,2 km pour ceux travaillant dans une métropole mais n’y habitant pas), une congestion urbaine chronique et ses effets induits en termes de nuisances et pollutions ;
  • de tensions de plus en plus fortes sur le marché du logement ;
  • de pressions de plus en plus fortes sur les terres agricoles et les espaces naturels

Les écarts de développement internes se creusent dans ces grandes aires urbaines, des poches de pauvreté se développant en leur sein, aux côtés de poches de richesse. Le taux de pauvreté de certaines métropoles est particulièrement élevé : en 2015, il était de 18,5% dans la Métropole du Grand Paris, de 19,2% dans l’Eurométropole de Strasbourg, de 19,4% dans la métropole de Montpellier-Méditerranée, le taux pour la moyenne française étant de 14,9%.

Par ailleurs, le développement de ces grandes aires urbaines est conditionné par leur approvisionnement en ressources de différentes natures - eau, énergies, produits alimentaires, matériaux de construction, etc. – qu’elles doivent aller chercher bien au-delà de leur périmètre. 

Ces caractéristiques soulèvent de nombreux enjeux en termes de gouvernance, mais aussi de reconnaissance des complémentarités et interdépendances entre territoires.

 

Le renforcement des coopérations entre les métropoles et les territoires avoisinants est l’un des quatre objectifs du Pacte État-métropoles, signé le 6 juillet 2016 par le Premier ministre et les présidents de métropole.

Première déclinaison territoriale de ce Pacte, 15 pactes métropolitains d’innovation ont été élaborés et conclus entre fin 2016 et début 2017, avec l’appui des services déconcentrés et centraux de l’État, dont le CGET. Les métropoles et l’État ont déterminé les domaines stratégiques d’innovation qu’ils souhaitaient investir ensemble, des expérimentations à conduire, des partenariats de projets, des financements. Chacun des 15 pactes comprend des « contrats de coopération métropolitaine », c’est-à-dire des actions de coopération entre les métropoles et des espaces proches.

Pacte État-métropoles du 6 juillet 2016 : Télécharger le Pacte - Télécharger le dossier de presse 
Télécharger le En bref d’août 2016 consacré au Pacte Etat-métropoles 
Télécharger le dossier de presse « Pacte Etat-métropoles : pour l’innovation et la coopération entre les territoires » - 13 janvier 2017
DP Pacte État-métropoles - Réunion des présidents des métropoles - 1er mars 2017
Les experts du CGET - 22 métropoles, leviers de la coopération inter-territoriale - 17 octobre 2017

L’étude et la Fabrique Prospective sur les coopérations entre les métropoles et les territoires environnants

Le CGET a lancé mi-2018, avec France urbaine et l’AdCF, une étude et une Fabrique Prospective sur les coopérations entre les métropoles et les territoires environnants.

L’étude, achevée mi-2019, comprend 3 volets :

  • un recensement des coopérations entre les 22 métropoles et leurs territoires environnants ;
  • 10 monographies, permettant d’identifier les enjeux, les freins et obstacles rencontrés, mais aussi les leviers et actions à mettre en œuvre pour développer et renforcer les coopérations ;
  • une analyse d’outils et systèmes d’observation des dynamiques interterritoriales, mis en place au niveau local, permettant d’objectiver les interdépendances et interrelations entre les territoires.

Le recensement a permis d’identifier 173 coopérations, dans toutes les régions de France métropolitaine. Ces coopérations s’établissent principalement entre la métropole et des EPCI à fiscalité propre proches géographiquement (des communautés de communes de la 1ère couronne le plus souvent) et selon des modalités variées (contrat de réciprocité, autre contrat ou convention, pôle métropolitain, entente, association, syndicat mixte, société publique locale, groupement d’intérêt public, etc.). Elles couvrent majoritairement trois grands domaines : la mobilité et les transports, le tourisme, le développement économique. La voie conventionnelle est majoritaire.

Télécharger le En détail synthèse présentant les principaux enseignements du recensement - 21 mars 2019
Consulter le bulletin de veille #243 présentant un focus sur les coopérations interterritoriales - 21 mars 2019

Parallèlement, le CGET accompagne les métropoles de Rouen, Nantes, Brest et Toulouse et leurs territoires environnants dans le cadre d’une Fabrique Prospective qui vise à identifier leurs futures coopérations, leurs conditions de mise en œuvre et de réussite. Sur les quatre métropoles impliquées, trois ont choisi de travailler sur le champ de la transition écologique (mobilités, énergie, alimentation). Cette Fabrique Prospective se conclura en décembre 2019 sur des pistes d’actions aux niveaux local et national pour renforcer les coopérations.

En savoir plus sur les Fabriques Prospectives

Métropoles et métropolisation : éclairages scientifiques

[2020 - à paraître] Métropoles de plus et de moins de 500 000 habitants. Une ligne de partage ?

En comparant les 22 métropoles françaises à partir d’une série d’indicateurs socio-économiques et leur évolution sur la période récente, le CGET met en exergue une ligne de partage entre les métropoles les plus peuplées, de plus de 500 000 habitants, et les métropoles moins peuplées. Qu’il s’agisse du nombre d’emplois, de la part des emplois dans la sphère productive comme de la part des salaires dans le revenu disponible par habitant, les métropoles les peuplées semblent bénéficier de dynamiques plus favorables que celles des métropoles de moins de 500 000 habitants.

[2020] Performance économique des métropoles et interrelations avec les villes moyennes

Dans le prolongement de l’étude « Quel effet d’entrainement des métropoles sur les territoires avoisinants en matière d’emploi ? », le CGET, en partenariat avec l’Institut CDC pour la Recherche, a confié en 2019 au laboratoire EconomiX (Université Paris-Nanterre) une analyse des interrelations entre les métropoles et les villes moyennes dans le domaine économique. Elle se conclura en 2020.
Consulter la page sur les villes moyennes

[2019] Etude sur le Bassin parisien et les « franges franciliennes »

En 2018, le CGET, en lien avec le préfet de la région Ile-de-France, a confié à l’INSEE une étude sur les polarisations, les dynamiques et les flux économiques et démographiques dans les territoires franciliens et les territoires des régions limitrophes nommés « franges franciliennes ». Cette étude à caractère interrégional et interterritorial s’inscrit dans un cadre partenarial réunissant le CGET, la direction générale de l’INSEE, les Préfectures et les directions régionales de l’INSEE des régions concernées Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand-Est, Hauts-de-France et Normandie.
Télécharger les résultats des 2 premiers volets de l’étude
Les livrables des 2 derniers volets de l’étude seront disponibles fin 2019.

[2018] Le CGET, partenaire de Popsu Métropoles

Depuis 2018, le CGET soutient le programme Popsu Métropoles 3. Popsu Métropoles est un programme partenarial de recherche en urbanisme, entre l’Etat et quinze métropoles. Il met en place des équipes de recherche dont les travaux, conduits entre 2018 et 2020, visent à analyser les trajectoires de métropoles et leurs liens avec les villes petites et moyennes. Pour ce faire, des questionnements propres à chacune des métropoles ont fait l’objet d’une co-construction par les chercheurs et les acteurs locaux.
En savoir plus sur le programme Popsu Métropoles 3

[2018] Etude prospective sur les effets des futures gares du Grand Paris Express sur les quartiers de la politique de la ville

Issue d’un partenariat entre le CGET, la Société du Grand Paris (SGP), l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et l’Ecole d’urbanisme de Paris (EUP), cette étude prospective sur les effets des gares du Grand Paris Express (GPE) sur le développement des quartiers de la politique de la ville (QPV) a été conduite entre juin 2017 et juin 2018. Centrée sur 10 gares (Arcueil-Cachan sur la ligne 15 Sud, Aulnay sur la ligne 16, Bagneux sur la ligne 15 Sud, Clichy-Montfermeil sur la ligne 16, Drancy-Bobigny sur la ligne 15 Est, La Courneuve-Six routes sur les lignes 16 et 17, Les Agnettes / Asnières-Gennevilliers sur la ligne 15 Ouest, Nanterre-la-Folie sur la ligne 15 Ouest, Rosny-Bois-Perrier sur la ligne 15 Est et Sevran-Beaudottes sur la ligne 16), représentatives des 44 gares situées au sein ou à proximité de QPV, elle s’attache à comprendre comment les acteurs locaux anticipent ou tout du moins se projettent dans le projet du Grand Paris Express et les transformations qui pourraient en découler. Elle distingue deux grands types de stratégie des acteurs locaux :

  • celles qui misent sur la transformation du territoire et l’attraction de nouvelles populations et activités, en orientant la planification vers une nouvelle offre de logements (ex : l’accession à la propriété) et de commerces, ainsi que la construction de bureaux ;
  • et celles qui misent plutôt sur l’amélioration du cadre de vie des populations résidentes, en s’appuyant notamment sur la création ou l’amélioration des espaces publics aux abords de la future gare et la construction d’équipements de loisirs, sportifs, culturels et d’éducation.

Télécharger le « En détail synthèse » présentant les principaux enseignements de l’étude
Télécharger le rapport final et les annexes (travaux des ateliers des étudiants et expertises des enseignants-chercheurs)

[2018 et 2017] Le CGET, partenaire de la FNAU pour Métroscope

Publié en juillet 2017 par la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU), Métroscope propose une analyse comparative des métropoles françaises et une compréhension du « fait métropolitain » à partir de 50 indicateurs originaux s’appuyant sur les statistiques nationales et des données collectées sur les territoires.
Télécharger le Métroscope

En 2018, la FNAU a publié une série de données sur les 22 métropoles sous la forme d’un poster composé d’une cartographie et d’infographies.
Télécharger le poster

[2017] Quel effet d’entrainement des métropoles sur les territoires avoisinants en matière d’emploi ?

Le CGET, France Stratégie et l’Institut CDC pour la Recherche ont initié, en 2015, une étude sur la capacité des métropoles à entrainer les territoires avoisinants dans leur dynamique économique, en particulier en termes d’emploi. Cette étude réalisée par le laboratoire EconomiX s'intéresse à 13 métropoles : Aix-Marseille, Bordeaux, Brest, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Nice, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse.

Elle met en lumière quatre situations différenciées :

  • Lyon, Nantes, Rennes, mais aussi Bordeaux et Aix-Marseille peuvent être qualifiées de « métropoles à dynamique partagée ».  Elles enregistrent une évolution de l’emploi sur la période 1999-2014 bien plus favorable que la moyenne nationale, et l’on retrouve cette évolution dans les territoires avoisinants ;
  • Toulouse, Lille et Montpellier peuvent, quant à elles, être qualifiées de « métropoles se développant en relatif isolat ». Elles enregistrent une évolution de l’emploi plus favorable que la moyenne nationale, mais qui ne se retrouve pas dans les territoires avoisinants ;
  • Grenoble et Strasbourg apparaissent comme des « métropoles à dynamique inversée ».  Elles enregistrent une évolution de l’emploi, certes favorable, mais moins que celle des territoires avoisinants ;
  • enfin Rouen et Nice apparaissent comme des territoires en difficulté. Elles connaissent une évolution de l’emploi moins favorable que la moyenne nationale, et les territoires avoisinants sont dans la même situation.

Voir la note d’analyse du CGET et de France Stratégie
Télécharger le rapport final de l’étude

[2016] Etude sur le positionnement de la Métropole Aix-Marseille-Provence dans les réseaux mondiaux d’entreprises multinationales

Initiée en 2014 par le CGET et la Mission interministérielle pour le projet métropolitain Aix-Marseille-Provence, cette étude sur le positionnement d’Aix-Marseille-Provence (AMP) dans les réseaux mondiaux d’entreprises multinationales a été confiée à l’Institut de géographie et de durabilité de l’Université de Lausanne.

La métropole AMP, qui a l’avantage d’abriter le siège d’une des plus grandes compagnies maritimes du monde (CMA-CGM), jouit d’un poids dans les réseaux d’entreprises multinationales supérieur (5e rang) à son poids démographique (7e) et à son rang économique (elle est 8e sur le plan du PIB/habitant). Toutefois, elle est peu attractive pour les entreprises portuaires et logistiques, qui peinent probablement à trouver leur place face à ce géant local. Par ailleurs, les multinationales de la transformation des ressources qu’elle accueille y sont davantage contrôlées depuis l’extérieur que contrôlantes et les liens et mutualisations entre les différents secteurs y sont faibles, d’où un « éparpillement » du rayonnement. Renforcer le positionnement de plateforme-« tremplin » vers la rive sud de la Méditerranée est donc clé pour la métropole AMP, mais aussi pour la compétitivité nationale.
Télécharger le rapport final de l’étude

[2012] Quelle spécificité des métropoles françaises en Europe ?

Dès 2009, face à la multiplication des outils de classement des métropoles et grandes villes, la DATAR a souhaité disposer d’une analyse permettant de situer les territoires métropolitains français en Europe. L’étude dirigée par Ludovic Halbert, Patricia Cicille et Céline Rozenblat compare 357 aires urbaines fonctionnelles (AUF)  européennes de plus de 200 000 habitants, réparties dans 29 pays.

L’aire urbaine fonctionnelle (AUF) est un ensemble d’unités administratives locales, d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’une aire urbaine morphologique (AUM) principale et d’une couronne périurbaine dont au moins 10 % de la population résidente active travaillent dans l’AUM principale.

L'étude montre que :

  • les aires urbaines fonctionnelles françaises affichent des profils similaires à ceux des autres AUF européennes, témoignant d’un mouvement de tertiarisation général ;
  • les aires urbaines fonctionnelles françaises sont peu internationalisées, à l’exception notable de Paris. Elles sont notamment moins bien insérées dans les réseaux d’entreprises que les AUF de poids démographique équivalent de pays voisins, et leurs connexions passent souvent d’abord par une liaison avec la capitale ;
  • le fait que les AUF françaises n’apparaissent pas aux premiers rangs européens est considéré comme relevant d’une situation structurelle, liée en particulier à une polarisation forte et de long terme, et non comme la manifestation d’un défaut d’insertion dans les réseaux d’innovations scientifiques, économiques et culturelles.

Télécharger Quelles métropoles en Europe ? Des villes en réseau (Travaux n°16 Datar, 2012)

 [2012] Quels systèmes métropolitains demain ? Trois grands scénarios à l’horizon 2040

Le groupe de travail sur les systèmes métropolitains mis en place en 2009-2011 par la DATAR dans le cadre de la prospective Territoires 2040 a élaboré trois scénarios d’évolution des territoires métropolitains : la « mercapole », l’« archipole » et l’« antipole ».
Rerouver ces trois scénarios ici.