Des actions concrètes

Une politique publique pour garantir les mêmes droits


Publié le 19/07/2018

La politique de la ville vise à compenser les lourds déséquilibres économiques et sociaux qui touchent les 1 514 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) de France métropolitaine et ultramarine. Si les QPV ne sont pas les seuls territoires fragiles, ils concentrent plus de difficultés et bénéficient de moins de moyens que le reste du territoire. Cependant, ils regorgent de fortes dynamiques associatives et entrepreneuriales.

Après huit mois de co-construction avec les acteurs des quartiers prioritaires (élus, associations, entreprises…), le Gouvernement a arrêté des décisions concrètes, le 18 juillet dernier, fixant ainsi sa feuille de route pour répondre aux demandes des 5,4 millions habitants des QPV par « des actions concrètes pour la sécurité, l’éducation, l’emploi, le logement et le lien social ».

 

Des actions concrètes autour de trois enjeux

Garantir les mêmes droits aux habitants

SÉCURITÉ

  • Créer 1 300 postes de policiers et gendarmes d’ici 2020 dans 60 quartiers de reconquête républicaine
  • Agir contre la criminalité organisée et l’économie souterraine

MIXITÉ SOCIALE

  • Éviter de concentrer les demandeurs de logement social les plus fragiles dans les quartiers de la politique de la ville
  • Appliquer résolument la loi SRU pour une offre de logement social accessible, en particulier en zones tendues

LOGEMENT ET CADRE DE VIE

  • Renforcer les outils pour le traitement des copropriétés dégradées
  • Lutter contre les marchands de sommeil
  • Amplifier le nouveau programme national de renouvellement urbain, porté à 10 milliards d’euros de financements Anru
  • Accélérer la validation d’un maximum de projets et anticiper les opérations les plus marquantes pour transformer les quartiers
  • Simplifier en accompagnant les élus avec pragmatisme dans leur projet

SOLIDARITÉ

  • Doubler le nombre de maisons et centres de santé d’ici 2022
  • Développer les équipements sportifs dans les 50 QPV les plus carencés et dans les Outre-Mer

MOBILITÉ

  • Améliorer la desserte des quartiers en Île-de-France à travers le Grand Paris Express
  • Développer l’accès au permis de conduire

 

Favoriser l'émancipation

ÉDUCATION ET PETITE ENFANCE

  • Instaurer un bonus de 1 000 € par place de crèche créée dans les quartiers
  • Expérimenter dans certains quartiers des « cités éducatives »...
  • ... et y encourager la présence de deux encadrants par classe dans les écoles maternelles
  • Augmenter de 3 000 € sur trois ans, à partir de la rentrée 2018, la prime des 60 000 personnels de l’Éducation nationale exerçant dans les établissements de REP+
  • 100 % des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire dédoublées d’ici à la rentrée 2019
  • Proposer 30 000 stages de qualité aux élèves de 3e des quartiers

EMPLOI ET INSERTION PROFESSIONNELLE

  • Investir plus de 2 milliards d’euros pour la formation vers l’emploi des jeunes sans qualification et des chômeurs de longue durée
  • Déployer les emplois francs en direction des demandeurs d’emploi résidant dans les quartiers, quels que soient leur âge et leur niveau de qualification
  • Accompagner 100 000 jeunes des quartiers dans leur insertion professionnelle, en mobilisant les Cordées de la réussite, le parrainage et le tutorat dès 2018
  • Offrir un accompagnement aux entrepreneurs des quartiers avec Bpifrance
  • Créer des clauses sociales spécifiques dans les chantiers des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024
  • Doubler le nombre d’apprentis issus des quartiers pour le porter à 35 000 jeunes
  • Au sein du Pic, investir près d’1,5 milliard d’euros dans la lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme

 

Faire République

PRÉVENTION DES DISCRIMINATIONS

  • Lancer une opération de testing sur les embauches dans les grandes entreprises
  • S’engager de manière exemplaire en matière de recrutement

PRÉVENTION DE LA RADICALISATION

  • Généraliser les plans d’action locaux de prévention de la radicalisation

SOLIDARITÉ TERRITORIALE

  • Augmenter de 200 millions d’euros sur 2018-2019 la dotation de solidarité urbaine (DSU) aux communes

SOUTIEN AUX ACTEURS DE TERRAIN

  • Créer 1 000 postes d’adultes-relais à partir de 2019
  • Doubler le nombre de postes de coordonnateurs associatifs dans les quartiers dès 2019
  • Attribuer 15 millions d’euros supplémentaires aux associations nationales les plus structurantes
  • Ouvrir 260 centres sociaux ou espaces de vie sociale d’ici 2022
  • Assurer la revalorisation statutaire des travailleurs sociaux

ENGAGEMENT

  • Former 20 000 acteurs de terrain par an aux « Valeurs de la République et à la laïcité »
  • Développer le Service civique

CULTURE

  • Jumeler les institutions culturelles avec les quartiers de la politique de la ville
  • Déployer les Micro-Folies, ainsi que les pratiques orchestrales dans les quartiers dès 2018

ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES

  • Agir concrètement pour faire progresser l’égalité femmes-hommes dans les quartiers

 

Lire le dossier de presse détaillé sur « La France, une chance. Mobilisation nationale pour les habitants des quartiers » (18/07/18).

[18-07-2018] - DP - Mobilisation nationale pour les habitants des quartiers, par hvanmalle

 

En savoir plus
Dans le cadre du Plan d’investissement dans les compétences (Pic), le CGET est partenaire de l’appel à projets « 100 % inclusion, la fabrique de la remobilisation », démarche d’expérimentation de parcours d’accès à l’emploi des jeunes et des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ou dans les territoires ruraux. Il a été lancé le 4 juin dernier pour douze mois.
Les Cordées de la réussite sont un dispositif d’égalité des chances, qui vise à favoriser l’accès à l’enseignement supérieur et aux filières d’excellence des collégiens et lycéens issus de milieux modestes. Organisées depuis 2010 par le CGET et les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, les journées nationales des Cordées de la réussite mobilisent, dans toutes les académies, des acteurs de l’enseignement secondaire, de l’enseignement supérieur et du monde professionnel pour faire connaître aux adolescents les différentes opportunités d’études et les métiers d’avenir qui s’offrent à eux.
Les emplois francs, déployés à titre expérimental dans 7 territoires et 194 quartiers de la politique de la ville depuis avril 2018, monteront en puissance en 2019. (Re)lire notre dossier.

 


Des engagements réciproques

Pour mener ces actions, l’État agira de concert avec les collectivités, les entreprises et les associations, engagées à travers des pactes et partenariats propres à leurs champs d’action.

Les intercommunalités ont proposé à l’État des engagements réciproques au travers du pacte de Dijon, signé par le Premier ministre le 16 juillet dernier. Ces engagements portent sur le développement économique et l’emploi, l’habitat et le renouvellement urbain, la mobilité, l’éducation, la santé, la sécurité et la justice.

Ce pacte, signé par plus de 80 grandes villes et intercommunalités, est décliné localement pour répondre aux problématiques spécifiques de chaque quartier.

 

Les entreprises ont proposé de nouveaux engagements concrétisés dans le paQte (pacte avec les quartiers pour toutes les entreprises).

Objectifs entre 2018 et 2021 :

  • favoriser une meilleure compréhension du monde de l’entreprise, de l’entrepreneuriat, des secteurs d’activité et des métiers, avec des accès aux stages renforcés ;
  • faciliter l’accès à l’apprentissage (appui à l’orientation, accès à l’alternance et accompagnement des apprentis) ;
  • développer l’emploi renforcé dans les QPV notamment avec les emplois francs, des méthodes de recrutement sans discrimination ainsi que du soutien à l’inclusion ;
  • développer les achats responsables et inclusifs, avec un soutien et une prise en compte des engagements d’entreprises dans les marchés publics.

Un partenariat national avec les associations proposera une nouvelle relation de confiance entre l’État et le monde associatif des quartiers prioritaires (pérennisation des ressources des associations, simplification des démarches administratives, confortement de leur présence dans les territoires…) Ce partenariat sera doté de 15 millions d’euros à partir de 2019.

 

Cohésion sociale, cadre de vie et économie
Des fiches thématiques sur les quartiers prioritaires
Dans l’édition 2017 de son rapport annuel, l’Observatoire national de la politique de la ville du CGET propose des fiches synthétiques sur différents thèmes socio-économiques, à découvrir sur http://www.onpv.fr/publications.
_Démographie : la population des quartiers prioritaires de la politique de la ville est jeune. Un habitant sur quatre est âgé de moins de 15 ans et un sur six de plus de 60 ans.
_Pauvreté : le taux de pauvreté est 3 fois plus important, s’élevant à 42,6 % en quartiers prioritaires contre 14,5 % en France métropolitaine.
_Chômage : en 2016, le taux de chômage a diminué comme partout en France, passant à 25,3 %, contre 26,4 % un an plus tôt. Parmi les jeunes, la diminution annuelle du chômage est la conséquence d’une augmentation du nombre d’entre eux en études ou en formation (35,2 % des moins de 30 ans). Pour autant, les jeunes qui ne sont ni en emploi ni en études ni en formation représentent toujours, en 2016, 29 % des 15 à 29 ans des quartiers prioritaires. C’est 2,5 fois plus que dans les autres quartiers des unités urbaines englobantes (12,7 %).
_Conditions de vie : l’état de santé, la qualité de l’habitat et le niveau de chômage préoccupe plus encore les habitants des quartiers prioritaires que la moyenne des Français. Ils ont un sentiment de plus grande dégradation de leurs conditions de vie, renforcé par leur perception de l’insécurité du fait que l’intensité de la délinquance enregistrée y est, en moyenne, plus élevée que sur le territoire métropolitain.