Revitalisation des villes moyennes

Une dynamique bien engagée et un enjeu international


Publié le 08/10/2019

Le 1er octobre dernier, les maires des 222 villes du programme Action Cœur de Ville se retrouvaient à Arras. De son côté, le CGET coédite une étude sur les stratégies de revitalisation des villes moyennes, à travers le monde. Un contexte propice à faire le point sur les opérations de revitalisation de territoire et les enjeux européens.

À Arras (62), la Banque des Territoires a réuni 130 collectivités du programme Action Cœur de Ville autour de 32 ateliers, animés par élus et leurs partenaires, pour partager expériences et pratiques. Les thématiques abordées : le commerce de proximité, le foncier, l’innovation, le logement, la mobilité ou encore le portage de projet.

Ce rendez-vous a donné l’occasion de faire un point plus global : au-delà du programme national, 470 communes se sont engagées dans une démarche de revitalisation de leurs centres-villes, à ce jour. Elles le font dans le cadre d’une opération de revitalisation de territoire (lire notre article).

L’ORT, un dispositif pertinent

Pour mener leur démarche de revitalisation, « 62 collectivités ont choisi de signer une ORT, et on attend 100 signatures d’ici la fin du mois. La plupart concernent les communes du programme Action Cœur de Ville, qui est la tête de pont de la revitalisation des centre-villes, mais pas seulement !, relève Rollon Mouchel-Blaisot, préfet, directeur du programme national, au CGET. C’est un outil très intéressant pour les collectivités, et les villes se sont bien approprié ce dispositif. On note désormais une vraie dynamique des communes qui exercent des fonctions de centralité et mènent des projets à l’échelle de leur territoire. » La clé de ce succès dépend de l’accompagnement en ingénierie : « On constate que les résultats sont probants quand le réseau de l’État est fortement mobilisé auprès des villes et des intercommunalités pour élaborer leur projet de revitalisation. »
Télécharger la plaquette de présentation de l’ORT.

La dévitalisation des villes moyennes, une tendance internationale

Cette dynamique intéresse nos voisins européens. « La France n’est pas seule dans le traitement de la dévitalisation de ses villes moyennes, mais son programme Action Cœur de Ville est pionnier, souligne Rollon Mouchel-Blaisot. C’est une problématique commune à bien d’autres pays : Belgique, Italie, Allemagne… Pour l’instant, la revitalisation des centres-villes est traitée au niveau national, mais la Commission européenne pourrait se saisir de cet enjeu dans ses futures politiques territoriales. D’ailleurs, en juin 2020, Strasbourg accueillera les Assises européennes des centres-villes, où seront conviés les élus des villes d’Europe. »

L’enjeu de préserver les fonctions de centralité fait, d’ailleurs, peu à peu son chemin : l’Union européenne se montre plus compréhensive face aux interventions de ses États membres dans ce domaine. Pour preuve, alors que la libre concurrence et la liberté d’installation sont des principes fondamentaux des traités européens, la Commission a compris la philosophie de la loi Élan. Elle autorise les préfets à suspendre, dans certaines situations, la procédure d’autorisation de nouvelles surfaces commerciales en périphérie, qui menaceraient gravement l’opération de revitalisation du centre-ville.

Pour aller plus loin
Le CGET a soutenu, avec l’Institut CDC pour la Recherche, les travaux des universités Paris Diderot et Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur les mouvements d’apparition et de disparition d’équipements et de services dans les villes moyennes. Ils mettent en perspective la situation française au regard de celle de villes au Canada, aux États-Unis, en Allemagne et au Japon. À lire : Villes petites et moyennes : évolutions et stratégies d’action.