Sécurité et cohésion des territoires

Une démarche partenariale qui doit allier sécurité et prévention

Serge Morvan, commissaire général à l’égalité des territoires, invité au colloque de la Direction centrale de la sécurité publique, le 18 octobre dernier, à Paris. Photo : © M. Douhane/CGET


Publié le 25/10/2018

Lors d’un colloque de la Direction centrale de la sécurité publique du ministère de l’Intérieur, le 18 octobre dernier, Serge Morvan, commissaire général à l’égalité des territoires, est intervenu sur la prise en compte de la sécurité publique dans la réflexion sur la cohésion des territoires, en particulier dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Cette question, essentielle pour leurs habitants, s'inscrit déjà dans les contrats de ville et sous-tend les actions de prévention primaire de la délinquance que soutient le CGET.

Après l’emploi, la sécurité est la principale préoccupation des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) : 25 % d’entre eux déclarent se sentir souvent, ou de temps en temps, en insécurité dans leur quartier, contre 13 % du reste de la population, notait l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV), en 2016. De fait, à l’exception des cambriolages, l’intensité de la délinquance enregistrée est, en moyenne, plus forte en QPV que sur le territoire métropolitain pour les crimes et délits (rapport ONPV 2017).

Serge Morvan a rappelé que la sécurité constitue un axe majeur de l’action de l’État dans les quartiers prioritaires, afin de « garantir les mêmes droits aux habitants ». C’est ainsi que 1 300 policiers supplémentaires sont progressivement déployés, depuis le début septembre, dans 60 quartiers de reconquête républicaine, qui correspondent aux QPV les plus sensibles.

(Re)lire notre article 60 quartiers dotés de renforts de policiers de terrain (19/09/2018).

Une stratégie sécuritaire et préventive

« L’enjeu, en matière de cohésion territoriale et sociale, consiste également à inscrire l’action de la police dans une démarche globale : à la fois répressive, dissuasive et préventive. Cela implique de nouer un partenariat large et renouvelé avec les collectivités locales, les acteurs locaux et les dispositifs de la politique de la ville, a souligné le commissaire général à l’égalité des territoires. Notre objectif est de permettre une meilleure articulation de l’action des acteurs de la sécurité au sein des territoires. » Une démarche instaurée, notamment, dans le cadre des contrats de villes qui – en associant élus, bailleurs sociaux, conseillers citoyens et services de l’État – mettent en place des initiatives pour améliorer les relations entre la police et la population.

Serge Morvan a relevé la nécessité d’améliorer le ciblage des actions de sécurité au niveau de chaque quartier et d’une simplification de la coordination entre les acteurs locaux et les forces de sécurité, dans le cadre de « conseils locaux » désormais uniques, à l’échelle d’un quartier ou d’un bassin de vie, par exemple.

Des actions de prévention primaire de la délinquance

Devant les participants du colloque – directeurs départementaux de la sécurité publique, procureurs généraux, universitaires-chercheurs, responsables de la sécurité de grandes entreprises, sociétés de sécurité privée, parlementaires… –, réunis dans l’enceinte du Conseil économique, social et environnemental, à Paris, Serge Morvan a également rappelé que le CGET soutient des actions de prévention primaire de la délinquance dans les territoires, à travers la mise en œuvre de programmes de cohésion sociale, urbaine et économique.

Concrètement, il s’agit de dispositifs qui concernent les jeunes, les familles ou les acteurs de la médiation sociale, par exemple :

Des pistes pour changer les relations police/population

Pour apaiser le mode de relation entre la police et la population, notamment les plus jeunes, Serge Morvan a souligné l’intérêt de valoriser des initiatives locales et innovantes favorisant le dialogue avec la police et la gendarmerie, au besoin par un soutien financier. Le commissaire général a rappelé la nécessité d’affecter prioritairement les policiers expérimentés dans les QPV et de les former avant leur prise de fonctions afin de les fidéliser, mais aussi de faciliter l’accès des jeunes des quartiers populaires aux métiers de la sécurité intérieure.