L'INVITÉE

« L’ANCT doit se positionner comme l’outil indispensable de la résilience des territoires »


Publié le 23/04/2020

Yolaine de Courson, députée de Côte-d’Or (21), siège à la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale. Elle a été co-rapporteur de la loi de création de l’ANCT.

À votre avis, quel rôle devra jouer l’ANCT dans la phase de relance qui va s’ouvrir, au sortir du confinement ?

La notion qui revient régulièrement, depuis le début du confinement, est celui de « résilience ». Appliquée aux individus, une population se montre résiliente quand elle sait et peut trouver les capacités nécessaires pour son adaptation face aux aléas qui la menacent.

Dans la phase de relance, je préfère plutôt le terme de « transformation », qui s’ouvrira prochainement. Et l’ANCT doit se positionner comme l’outil indispensable de la résilience des territoires, quelle que soit leur nature ou leur localisation.

À mes yeux, l’Agence doit favoriser, en toute sécurité, le développement de projets locaux innovants et des expérimentations afin de permettre aux territoires de se réinventer. À elle aussi d’encourager des politiques adaptées aux spécificités de chaque territoire, du « cousu main » en quelque sorte, et, à ce titre, d’apporter un renouveau en termes de dynamiques et de pratiques.

Dans cette transformation appelée de vos vœux, en quoi le Parlement pourra être le relais des actions de l’ANCT, à l’avenir ?

Le Parlement sera amené à évaluer d’ici deux ou trois ans la loi qui a créé l’ANCT. Ce sera l’occasion d’apprécier le fonctionnement de l’Agence, d’observer les projets menés dans les territoires et de proposer des correctifs éventuels.

Pour cela, députés et sénateurs pourront se fonder sur les remontées des élus locaux et des préfets. Et ce, tant sur la mise en application des programmes nationaux dans les territoires, en veillant naturellement à ce qu’ils soient appliqués de façon différenciée, que sur l’émergence de projets provenant des territoires eux-mêmes.

L’an dernier, vous avez initié un tour de France afin de présenter l’ANCT aux élus et acteurs des collectivités territoriales. Au vu de cette expérience, êtes-vous confortée dans l’idée du rôle essentiel de l’Agence ?

Si j’ai entrepris ce tour de France de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, c’est que j’ai une profonde conviction : l’enjeu principal consiste à faire prendre conscience aux élus locaux du rôle que cette agence peut jouer en faveur du développement de leur projet de territoire.

Au cours de la quinzaine de déplacements que j’ai effectués, je me suis rendu compte de la très grande attente que cette agence suscite, mais aussi des questions qui subsistent encore, en particulier sur sa doctrine et sur son fonctionnement.

Si les doutes parviennent à être levés et si chaque élu, dans chaque territoire, y voit une opportunité pour s’inspirer, élaborer et développer des projets, alors, oui, je serais confortée sur la dimension essentielle de son rôle !

Crédit photo : DR YDC