Territoires en action

FACE : les entreprises contre l’exclusion


Publié le 23/11/2018

Découvrez notre chronique « Territoires en action » ! Chaque semaine, nous vous présentons un acteur local – association ou entreprise – que nous soutenons financièrement. 

Chronique n°12 : la fondation FACE - « Fondation Agir Contre l’Exclusion ». Forte d’un réseau de plus de 6 150 entreprises et 154 structures locales, elle participe au développement économique et social des territoires fragilisés. Avec cinq champs d’action et un seul but; sa mission est de lutter contre l’exclusion. Vincent Baholet, délégué général de la fondation, nous éclaire sur ce mouvement d’innovation sociale engagé pour prévenir et lutter contre toutes les formes d’exclusion, de discrimination et de pauvreté.

1. Dans quel contexte et avec quelles missions, en particulier, s’est créée l’association ?

La fondation FACE a été créée, en 1993, par 13 grands groupes français réunis à l’initiative de Martine Aubry. Depuis sa création, FACE oriente son action et raisonne en partant du bas vers le haut : des territoires vers les entreprises. L’idée était de se demander « Qu’est-ce qu’on pourrait faire autrement dans la question de l’engagement social des entreprises si on partait des territoires dans tous les sujets possibles : emploi, pauvreté, mobilité… ? » En appliquant cette logique, la fondation s’organise autour de deux missions : dans un premier temps, la lutte contre toutes les formes d’exclusion, puis la recherche d’innovation dans le monde de l’entreprise.

2. Quelles sont les principales actions conduites, aujourd’hui ?

FACE s’engage notamment dans le retour à l’emploi et dans l’éducation. Au niveau de l’emploi, on va de l’accompagnement individuel à l’accompagnement collectif. La fondation met en place des parrainages vers l’emploi de jeunes, des personnes en situation de handicap, des seniors… Il y a une grande diversité. On amène des solutions pour les personnes NEET (c'est-à-dire ni en étude ni emploi ni en formation), qui ne sont pas inscrites à Pôle emploi, et que l’on va chercher par d’autres biais comme le monde associatif ou l’initiation par le sport et la culture.

FACE mène également des actions de lutte contre le décrochage scolaire en parrainant des jeunes ou des parcours via les stages de 3e, les visites d’entreprises, l’accès à l’enseignement supérieur ou encore les graines d’entreprises. Cette dernière action permet d’initier les collégiens à l’entreprenariat à travers la création de mini-entreprises avec de vrais produits.

3. De quelle réussite êtes-vous le plus fier ?

Je pense à l’opération 1 000 jeunes qui est en cours. Mis en place avec Mozaïk RH, ce dispositif sera expérimenté dans quatre territoires, dont Argenteuil (95). Il vise à faire le lien entre des candidats près ou proches de l’emploi, mais victimes de discriminations structurelles, et des entreprises qui ont des difficultés à embaucher. L’objectif est d’intégrer en douze mois 1 000 jeunes dans les entreprises du territoire (en CDI ou CDD de plus de six mois ou en alternance).

La contribution de FACE, c’est l’approche globale. On voit bien que les premiers jeunes qui testent la plateforme 1 000 jeunes ne vont pas au bout. Certains vont trouver un job via la plateforme tout de suite ; d’autres vont devoir travailler leurs CV vidéos, prendre confiance en eux. C’est à ce niveau que FACE intervient. Le CV vidéo ne sauve pas le monde, il mais va permettre aux jeunes de cibler leurs compétences en entretien et de mieux les présenter.

4. Comment le travail de l’association s’inscrit-il, plus globalement, dans l’action locale ?

Faire un travail sur l’emploi pour les acteurs d’entreprises qu’on soit à Saint-Denis (93), Nantes (44), Fort-de-France 972) ou dans le Morbihan (56), ce n’est pas du tout la même chose. Certes, on parle d’emploi dans tous les cas, mais le schéma local diffère à chaque fois. Pour répondre de manière individuelle, on crée localement des clubs d’entreprises qui se structurent sous forme associative, selon la configuration des acteurs locaux. Il peut y avoir un club à l’échelon régional comme FACE Limousin ; une autre fois on a créé FACE Nantes qui est devenu FACE Loire Atlantique. Il y a donc des clubs décentralisés qui s’adaptent aux logiques d’action et puis, au niveau national, les équipes portent l’innovation.

5. Qu’évoquent pour vous les « territoires en action » ?

Comme on s’appelle la fondation Agir Contre l’Exclusion, la notion d’action, on est en plein dedans ! Si on laisse chacun des territoires créer ses propres solutions, il n’y a pas assez de croisements, on perd beaucoup trop d’années. Et, en même temps, sur des solutions trop centralisées, il n’y a pas assez de territorialisation des actions. Pour moi, les « territoires en action » sont cette conjugaison de formes de territorialisation de l’agir et de capitalisation nationale, en même temps.

Fiche d’identité 
Nom  : FACE – Fondation pour Agir Contre l’Exclusion.
Date de création : 1994.
Secteur d’activité : lutte contre l’exclusion.
Taille de l’association : 6 150 entreprises et 154 structures locales mobilisées.
Périmètre : 426 villes d’action ; 368 656 bénéficiaires.
Action de l’association : prévenir et lutter contre toutes les formes d’exclusion, de discrimination, de pauvreté et réduire les inégalités en œuvrant au quotidien avec les entreprises.
Contact : 361, avenue du Président-Wilson - 93200 Saint-Denis ; tél.: 01 49 22 68 68.
https://www.fondationface.org/