L'invité

« Face à cette crise sans précédent, les Régions jouent un rôle majeur »


Publié le 30/04/2020

Dotées de fortes compétences économiques et proches du terrain, les Régions jouent un rôle majeur pour la résilience des territoires face à la crise liée au Covid-19. Renaud Muselier, président de Régions de France, et de la Région Sud, Provence-Alpes-Côte d’Azur revient sur les actions menées à la fois pour gérer l’urgence, mais aussi préparer l’après crise.

Les Régions ont de fortes compétences économiques. Comment l’association Régions de France, que vous présidez, les aide-t-elle à préparer la sortie du confinement sur ce plan ? Et quelles sont vos priorités ?

Face à cette crise sans précédent, les Régions jouent un rôle majeur du fait de leur compétence économique et de leur gouvernance agile et proche du terrain. Notre mobilisation de tous les instants s’est notamment matérialisée par la participation immédiate de nos 18 Régions au fonds national de solidarité. Nous avons fait preuve de notre réactivité en doublant notre participation, portée le 10 avril à 500 millions d’euros, et en mettant en place le 15 avril l’instruction des dossiers pour le 2e volet du Fonds, axé sur les TPE en difficulté. S’ajoutent les nombreuses aides mises en place par toutes les Régions aux côtés de Bpifrance, des CCI : garanties de trésorerie, prêts rebond, mobilisation des groupements de prévention agréés avec la CPME…
En complément les Régions ont monté en un temps record des fonds visant à aider nos entreprises à rebondir, en partenariat avec la Banque des Territoires. C’est le cas de la Région Sud avec le Fonds « Covid Résistance », mais aussi de Grand Est, Pays de la Loire…

Concrètement, quel sera leur rôle pour soutenir la relance, dans leurs territoires ?

Afin de préparer la sortie de crise, avec mes collègues Présidents de Région, nous travaillons depuis le 30 mars à un plan de reconstruction de notre économie. Dès le 11 mai, au-delà de l’urgence, l’enjeu sera de reconstruire le système économique de notre pays en privilégiant la réindustrialisation et la résilience des territoires, la sécurité des chaînes d’approvisionnement dans les secteurs les plus stratégiques, notamment la santé, mais aussi la transition écologique ou la couverture numérique, pour ne citer que quelques pistes. Pour être efficace, ce grand plan de reconstruction devra être co-construit entre l’État et les Régions, en lien avec tous les autres niveaux de collectivités locales et les acteurs concernés. Sa mise en œuvre sur les territoires devra se faire au travers d’une nouvelle politique contractuelle dotée d’un niveau d’ambition inégalé.

Dans les mois qui viennent, comment cette action de relance s’articulera-telle avec les dispositifs de l’Agence nationale de la cohésion des territoires ?

La nouvelle génération des Contrats de Plan État-Régions, adossée aux fonds structurels européens, peut être l’instrument de cette ambition. Elle doit être engagée sans tarder. Les prochains CPER devront intégrer une nouvelle ambition en matière de transition écologique, les enjeux du «pacte productif» de façon à intégrer la nouvelle politique industrielle et la transition du modèle agricole. Les Régions sont prêtes à y participer à des niveaux d’investissement sans précédent. Mais compte tenu de la dégradation massive de leurs recettes et des contraintes de la «règle d’or», elles ne pourront le faire sans un geste de solidarité budgétaire très fort de l’État.

Crédits photos : ©Régions de France/Hugues-Marie Duclos