Outre-mer

Des conditions de logement difficiles dans les quartiers prioritaires


Publié le 30/01/2019

Les cinq Dom – Guyane, Martinique, Guadeloupe, Mayotte et La Réunion – rassemblent 140 quartiers prioritaires. Les conditions de logement dans ces quartiers ultramarins sont-elles similaires à celles des quartiers métropolitains ? L’Observatoire national de la politique de la ville du CGET s’est penché sur le sujet et publie quatre fiches consacrées au logement. La réponse en infographie.

Le constat

Moins de logements sociaux dans les QPV ultramarins

Dans les Dom, la situation du logement dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) est loin d’être homogène et diffère de celle observée dans l’Hexagone. Concernant la nature de l’habitat tout d’abord : la part de logements sociaux y est plus faible que dans les QPV métropolitains. Le parc social représente ainsi 74 % des logements des quartiers métropolitains, contre 60 % dans ceux de La Réunion et seulement 19 % en Guyane.

Repères
Les cinq départements d’outre-mer comptent 140 QPV au total, sur les 1 514 répartis sur le territoire national. Près de 500 000 habitants y vivent.

À quoi tient cet écart ? La récente fiche-étude de l’Observatoire national de la politique de la ville avance quelques pistes d’explication… Dans les Dom, la structure du parc de logement des quartiers prioritaires s’avère plus diversifiée qu’en France métropolitaine, où 85 % des logements sont en immeubles collectifs. Au contraire de Mayotte, où l’on trouve une majorité de maisons individuelles (87 % des logements situés en QPV) ainsi que des habitations de fortune (11 %) ; la Guyane connaît une situation similaire, avec 60 % de maisons individuelles et 6 % de constructions de fortune.

Consulter la fiche-étude logement de l’ONPV (janvier 2018).

Autre différence, le parc social est beaucoup plus récent dans les QPV ultramarins : plus de la moitié des logements sociaux ont été construits après 1993 en Martinique, 1999 en Guyane et 2000 en Guadeloupe. Une situation qui tranche avec les QPV métropolitains, dont la moitié des logements sociaux date d’avant 1969.

Des conditions de logement plus difficiles outre-mer

Second constat, dans les quartiers prioritaires, les logements sont nettement plus vétustes en outre-mer que dans l’Hexagone. Le confort de l’habitat – mesuré en fonction du nombre de défauts graves* du logement – est moins bon dans les Dom. En métropole, près d’un tiers des logements en QPV souffre d’au moins un défaut grave de confort. Un chiffre qui s’élève à près de deux tiers en Guyane et trois quarts en Martinique.

* Par exemple, une installation électrique dégradée, des infiltrations d’eau, l’absence d’eau courante…

Rendez-vous
Le 1er février dernier, la Fondation Abbé Pierre a présenté son 24e rapport annuel sur L’État du mal-logement en France. Habitat indigne, précarité, lutte contre les marchands de sommeil, expulsions locatives…: la Fondation dévoile les chiffres du mal-logement pour l’année 2018 et décrypte ce réel problème de société. Infos et inscription

Infographie : B. Miroux/CGET