Métropoles


Des métropoles au cœur de l’innovation et de la coopération territoriales

Au 1er janvier 2017, la France compte 15 métropoles1. Ce statut, créé par la loi de réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010, a été renforcé par les dispositions de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (dite loi Maptam). Il s’est ensuite vu élargi par la loi relative au statut de Paris et à l’aménagement métropolitain.

Quels EPCI peuvent accéder au statut de métropole ?

  • Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) qui forment, à la date de la création de la métropole, un ensemble de plus de 400 000 habitants ;
  • les EPCI centres d’une zone d’emplois de plus de 400 000 habitants comprenant dans leur périmètre le chef-lieu de la région ;
  • les EPCI de plus de 250 000 habitants ou comprenant dans leur périmètre, au 31 décembre 2015, le chef-lieu de région, centres d’une zone d’emplois de plus de 500 000 habitants.

Trois catégories de métropole

On peut distinguer :

  • les métropoles issues d’une transformation directe de « communautés urbaines », plus haut niveau d’intégration intercommunale avant la loi Maptam2 ;
  • les métropoles issues d’une transformation directe de « communautés d’agglomération »3 ;
  • les métropoles bénéficiant d’un statut spécifique ou de dispositions particulières4.

La réforme territoriale a donné aux métropoles des compétences accrues – comme aux régions – et des capacités de dialogue importantes avec les autres échelons de l’action publique, en particulier dans les domaines du logement et du développement économique.

Les métropoles françaises : essentielles pour les économies régionales

D’un point de vue géographique, les métropoles correspondent à des territoires où se concentrent la population (39 % de la population française) et, plus encore, les emplois (43 % des emplois du pays). Portes d’entrée de la mondialisation, elles captent une part essentielle des investissements étrangers, accueillent des activités innovantes et des secteurs de pointe, déposent 70 % des demandes de brevets, exercent des fonctions dites « métropolitaines supérieures »5 et, enfin, réalisent 51 % du PIB national.
Pour toutes ces raisons, elles sont considérées comme les moteurs économiques du pays. Elles n’ont cependant pas toutes le même poids au sein de leur région et se distinguent par leurs spécificités économiques, culturelles, sociales et créatives.

Un rôle crucial dans l’alliance des territoires

Les métropoles exercent une influence sur les territoires avoisinants, espaces périurbains, ruraux, villes petites et moyennes. Ces territoires profitent de la croissance et du dynamisme des métropoles et contribuent à leur attractivité tout à la fois.
Les métropoles jouent donc un rôle essentiel en matière de développement territorial, pour elles, pour leur hinterland6 et, en définitive, pour l’ensemble du pays.

L’expertise du CGET

Le CGET mène, depuis plusieurs années, des travaux d’observation et de prospective dédiés aux systèmes métropolitains (cf. rapport de recherche sur les systèmes urbains et métropolitains de Nadine Cattan, revues métropolitaines de la Datar, Territoires 2040, etc.).
Il poursuit ce travail avec une recherche intitulée Analyse des liens entre les métropoles et les territoires avoisinants dans le domaine productif, réalisée par le laboratoire EconomiX (Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense).
Au-delà de la production de connaissances, le CGET conduit des démarches stratégiques partenariales avec des collectivités, portant sur le fait et le développement métropolitains. Il est partie prenante de la réflexion et de l’élaboration du pacte État-Métropoles (lire encadré).

Focus
Le pacte État-Métropoles

Signé le 6 juillet 2016 par le Premier ministre et les présidents de métropoles, le pacte État-Métropoles poursuit quatre objectifs principaux :

  • affirmer le rôle et la place des métropoles dans la nouvelle donne institutionnelle ;
  • soutenir les métropoles dans leurs démarches d’innovation et stratégies de développement durable ;
  • favoriser les coopérations entre elles et leurs territoires avoisinants ;
  • mettre en réseau les métropoles afin qu’elles partagent les bonnes pratiques et puissent s’affirmer comme les démonstrateurs du savoir-faire français en matière d’innovation et d’ingénierie urbaines.

Première déclinaison territoriale de ce pacte, 15 pactes métropolitains d’innovation ont été élaborés et conclus avec l’appui des services déconcentrés et centraux de l’État, dont le CGET.
Dans ce cadre, les métropoles et l’État ont déterminé les domaines stratégiques d’innovation qu’ils souhaitent investir ensemble, des expérimentations à conduire, des partenariats de projets, des financements. Ces pactes comprennent tous des contrats de coopération métropolitaine, c’est-à-dire des actions de coopération entre les métropoles et des espaces proches.

Télécharger le dossier de presse "Pacte État-métropoles : pour l’innovation et la coopération entre les territoires", par ggauguier

 

 

Perspectives : renforcer les coopérations, assurer la mise en réseau et la promotion des métropoles à l’international

En 2017, le CGET poursuit son engagement sur le dossier pacte État-Métropoles, en se concentrant sur le développement des coopérations interterritoriales et la mise en réseau des métropoles françaises.
Il conduit – avec France urbaine, la Fédération nationale des agences d’urbanisme (Fnau), l’Assemblée des communautés de France (AdCF) et le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) – un travail de recensement, d’analyse et de qualification des démarches de coopération entre les métropoles et leurs espaces proches, en vue d’en identifier les conditions de réussite et, in fine, de les renforcer.
Le CGET participe également à la réflexion autour des actions et dispositifs qui doivent permettre de promouvoir les métropoles et les savoir-faire de leurs partenaires en matière d’innovation territoriale et urbaine à l’international.

En savoir plus

Notes

1. Aix-Marseille-Provence, Bordeaux, Brest, Grenoble-Alpes, Lille, Lyon, Paris, Montpellier-Méditerranée, Nancy, Nantes, Nice-Côte d’Azur, Rennes, Rouen-Normandie, Strasbourg, Toulouse.
2. Bordeaux, Brest, Lille, Grand Lyon, Grand Nancy, Marseille-Provence, Nantes, Nice-Côte d’Azur, Strasbourg, Toulouse.
3. Rouen-Normandie, Montpellier-Méditerranée, Grenoble-Alpes, Rennes.
4. La métropole du Grand Paris, les métropoles du Grand Lyon et d’Aix-Marseille-Provence.
5. La liste des 11 fonctions métropolitaines supérieures a été créée après le recensement de la population de 1990 pour compléter l’analyse traditionnelle par secteur d’activité et mettre en évidence les fonctions caractéristiques des plus grandes villes. L’emploi qui en relève correspond essentiellement au plus haut niveau de qualification (cadre ou ingénieur) et englobe notamment le tertiaire supérieur (services supérieurs aux entreprises dans les domaines des services financiers, logistiques, de l’information et de la communication, de l’ingénierie ; contrôle et réglementation des systèmes politiques, administratifs, économiques et sociaux ; tertiaire de la formation et de la culture).
6. Ce terme désigne l’arrière-pays, l’aire d’influence ou d’approvisionnement d’un espace central. Dans un contexte de mondialisation et de métropolisation, l’hinterland peut se définir comme l’espace métropolisé, qui englobe un ensemble de territoires soit intégrés, soit délaissés qui fournissent des ressources à un espace polarisant.


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