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Évitement de la carte scolaire à l'entrée en 6e : le privé attire aussi les élèves des quartiers prioritaires

Photo : Julie Guiches


Publié le 21/09/2018

L’enseignement privé en quartiers prioritaires, une réalité au collège

Une récente étude de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) met en évidence des pratiques d’évitement scolaire parmi les élèves des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) lors de leur entrée en classe de 6e.  Délaissant le public, certains intègrent le privé.

 

6,2% des élèves de 6e des QPV ont quitté le public pour le privé 

À la fin de l’année scolaire 2015-2016, 6,2% des élèves des QPV ayant accédé pour la première fois (hors redoublement) en classe de 6e ont rejoint un collège privé alors qu’ils fréquentaient une école publique en primaire (voir graphique 1). Ce taux est toutefois inférieur à celui des élèves résidant dans les unités urbaines englobant les QPV (10,2 %). Le privé attire, il est vrai, surtout les classes favorisées, sous-représentées dans les QPV. Pour autant, le passage du primaire au secondaire constitue un moment particulier où certaines familles, en QPV comme hors QPV, ne font plus suffisamment confiance au système public pour la scolarité de leur enfant.

 

Classes favorisées, un comportement similaire, favorable au privé, dans et hors QPV

Qu’ils résident ou non en QPV, les élèves issus de milieux aisés ont davantage de chance d’intégrer un collège privé (voir graphique 2). Quel que soit leur lieu de résidence, les classes favorisées font ainsi suivre à leurs enfants des parcours semblables peu propices à la mixité sociale. Ayant une meilleure connaissance de l’offre éducative, elles disposent aussi d’une plus grande capacité financière à prendre en charge le surcoût de l’enseignement privé.

 

En QPV comme ailleurs, les écoliers en avance vont plus souvent dans le privé  

Autre similitude entre élèves résidant en QPV et hors QPV, ceux ayant au moins un an d’avance sont là encore plus nombreux à se retrouver dans le privé à leur entrée en 6e que ceux en retard d’au moins un an, ou ayant l’âge normal (voir graphique 3). Les parents des enfants en avance suivent sans doute mieux leur scolarité et sont, par conséquence, plus au fait de l’offre éducative.