Publié le mardi 06 novembre 2018
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En Occitanie, Les Petits Débrouillards du Gard (30) interviennent dans les 18 quartiers prioritaires du département pour initier enfants, adolescents et adultes à l’expérimentation des sciences et des techniques. Une démarche qui élargit les horizons, comme nous le relate Patrice Colenson, coordinateur départemental.

Découvrez notre chronique « Territoires en action » ! Chaque semaine, nous vous présentons un acteur local – association ou entreprise – que nous soutenons financièrement. Ancré dans un territoire qu’il connaît bien, il contribue à sa cohésion et à son développement en agissant, au plus près des besoins des habitants, dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et de l’économie, de la solidarité, du sport, du numérique, de la santé ou encore de la culture…

Chronique n° 10 : en Occitanie, Les Petits Débrouillards du Gard (30) interviennent dans les 18 quartiers prioritaires du département pour initier enfants, adolescents et adultes à l’expérimentation des sciences et des techniques. Une démarche qui élargit les horizons, comme nous le relate Patrice Colenson, coordinateur départemental.

1- Dans quel contexte et avec quelles missions, en particulier, s’est créée l’association ?

Les Petits Débrouillards existent, en France, depuis 1985. Mais, c’est en 1996 que l’association est arrivée dans la région, à Montpellier. Puis, au gré de nos partenariats avec les collectivités locales, les centres sociaux, les associations de proximité et les établissements scolaires, j’ai ouvert l’antenne de Nîmes, en 1999. Depuis, nous sommes installés à Gambetta, l’un des six quartiers prioritaires nîmois. Nous intervenons sur tout le département du Gard, mais principalement dans les quartiers prioritaires : 53 % de nos bénéficiaires habitent ces quartiers.

Notre rôle consiste à faire découvrir et pratiquer les sciences et les techniques du quotidien par des publics, jeunes ou adultes, éloignés de ces disciplines. L’idée, c’est de les impliquer dans une démarche expérimentale pour les inciter à découvrir, par eux-mêmes, comment les choses de leur environnement fonctionnent (énergies renouvelables, corps humain, vie aquatique, numérique, sciences sociales…)

2 - Quelles sont les principales actions conduites, aujourd’hui ?

Nous intervenons entre autres auprès du jeune public – à travers des ateliers, des défis, des projets collectifs… – à des moments divers : au sein de l’école, dans le temps périscolaire ou extrascolaire. Nous proposons, par exemple, des séances de bricolage et de numérique, auxquelles les jeunes de 16-17 ans viennent spontanément.

Nous avons aussi noué un partenariat avec Éducation contre le racisme, la fondation de Lilian Thuram, sur le thème du vivre-ensemble pour lutter contre les préjugés et les stéréotypes qui fleurissent sur et dans les quartiers.

Notre principe, c’est de déclencher une démarche d’investigation, de réflexion collective et de débat pour confronter les idées, sans jugement, avec une approche argumentée, documentée et scientifique.

Dans cet esprit, nous allons monter un groupe d’exploration de la controverse avec une douzaine d’adolescents sur des sujets de société. Pendant huit demi-journées, ils vont effectuer des recherches, étudier les avantages et les inconvénients du sujet, construire un argumentaire, échanger leurs points de vue et, ainsi, se forger une opinion et développer leur esprit critique.

3 - De quelle réussite êtes-vous le plus fier ?

Cette démarche expérimentale provoque des vocations, suscite de la curiosité : elle ouvre de nouveaux horizons. Les participants peuvent ensuite la mettre en pratique dans d’autres champs. Et, ici, pas d’échec ! L’erreur fait partie de l’expérimentation. Pour un public jeune parfois en difficulté scolaire, voire en décrochage, c’est important de réaliser que se tromper n’est pas toujours un obstacle. Nombre de grandes découvertes scientifiques ont été faites par erreur !

Notre réussite, c’est aussi d’avoir créé une antenne qui fonctionne bien, reconnue par les habitants et les acteurs locaux et qui a noué de solides partenariats avec les associations locales.

4 - Comment le travail de l’association s’inscrit-il, plus globalement, dans l’action locale ?

Les Petits Débrouillards sont une association « hors sol » : elle n’est pas au quotidien dans les quartiers. Pour mettre en place ses actions, notre association intervient à la demande des mairies ou des écoles, notamment. Sans un travail complémentaire avec les écoles, les associations de proximité et les centres sociaux, nous ne pourrions pas monter des projets adaptés à la réalité du terrain.

Avec nos partenaires et l’intervention de professionnels ou de chercheurs de la thématique traitée, nous organisons donc des activités ou ateliers en lien avec la vie du quartier et les sujets du quotidien. Par exemple, à Pissevin, quartier en cours de renouvellement urbain, nous avons monté un projet sur l’urbanisme et l’architecture, étudié le béton – matériau des immeubles alentour – et les méthodes de construction des monuments romains de Nîmes.

5 - Qu’évoquent pour vous les « territoires en action » ?

Pour moi, un territoire en action, c’est un territoire qui n’attend pas que les choses lui arrivent « toutes cuites ». Vue la conjoncture actuelle, c’est en collaborant intelligemment avec les collectivités et l’éducation nationale, et en complémentarité entre elles, que les associations du territoire réussissent à donner du sens à des projets conduits sur le long terme. Cette approche collective évite de faire du saupoudrage et s’inscrit sur la durée.

Fiche d'identité
Nom : Les Petits Débrouillards - antenne du Gard
Date de création : 1999
Secteur d’activité : association d’éducation populaire à la culture scientifique et technique
Nombre de salariés : 5 permanents, dont 1 adulte relais ; environ 30 bénévoles
Périmètre : Gard, dont les 18 quartiers prioritaires de la politique de la ville du département
Nombre de bénéficiaires : 7 258 bénéficiaires en 2017
Contact : 7, bd Gambetta - 30000 Nîmes ; tél. : 09 81 36 97 02 - www.lespetitsdebrouillardsoccitanie.org [1]

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