Publié le jeudi 08 mars 2018
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Le lundi 5 mars dernier, le Conseil national des villes (CNV) s’est réuni au Sénat pour un séminaire interne sur la place des femmes dans les espaces publics en quartiers prioritaires. Quatre invités - chercheurs, enseignant et élu local - sont venus nourrir les réflexions et partager leurs travaux avec les membres du CNV, missionnés par le ministre de la Cohésion des territoires pour déposer leurs recommandations et préconisations en juin.

Le lundi 5 mars dernier, le Conseil national des villes (CNV) s’est réuni au Sénat pour un séminaire interne sur la place des femmes dans les espaces publics en quartiers prioritaires. Quatre invités - chercheurs, enseignant et élu local - sont venus nourrir les réflexions et partager leurs travaux avec les membres du CNV, missionnés par le ministre de la Cohésion des territoires pour déposer leurs recommandations et préconisations en juin.

A quelques jours de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, le CNV a travaillé sur un sujet au cœur des discriminations et des inégalités entre les sexes : la place des femmes dans les espaces publics des quartiers prioritaires. Yves Raibaud, chercheur et membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), a présenté un rapport sur les chiffres clés des inégalités femmes-hommes dans les quartiers prioritaires et les territoires ruraux [1], publié en 2014. Il évoque, dans une ville faite par les hommes pour les hommes,  une différence d’appropriation de l’espace public dès le plus jeune âge (y compris dans les cours de récréation des écoles maternelles). Alors que les femmes occupent l’espace public par besoin et restent en mouvement, les hommes l’occupent par plaisir et sont davantage statiques.

Stéphanie Mas, cheffe du bureau de l’observation des territoires en politique de la ville (ONPV), a mis en avant les inégalités femmes-hommes à travers les données statistiques de l’ONPV [2] dans les domaines de l’emploi, de l’éducation ou encore concernant le sentiment d’insécurité.

Patrick Braouezec, président de l’établissement public territorial Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), qui rassemble les villes parmi les plus pauvres de France, a partagé le travail engagé sur son territoire sous forme de marches exploratoires interrogeant la place des femmes dans des espaces pensés par les hommes.

Dernière invitée, Ariane Dupont, directrice de l’École d’économie de la Sorbonne a présenté une étude croisant genre et mobilité : Femmes, se déplacer dans l’espace public, expériences internationales. Elle aborde la notion de mobilité contrainte des femmes : conditionnée par les rôles sociaux mais aussi influencée par l’accès au travail et les revenus qui en découlent. L’éducation donnée par les parents joue également un rôle majeur : dès leur plus jeune âge, ils incitent les petites filles à limiter leur aire de déplacement par peur du danger extérieur.

Un travail fructueux qui augure bien de la suite, et un constat partagé : pour faire avancer les mentalités, il va falloir « déranger pour dé-genrer » !

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