Publié le jeudi 30 novembre 2017
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La surperformance des métropoles en termes de création d’emplois se vérifie-t-elle systématiquement ? Les territoires avoisinants en bénéficient-ils, par effet d’entraînement ? Le CGET et France Stratégie produisent une note d’analyse qui met 12 métropoles au banc d’essai.

La surperformance des métropoles en termes de création d’emplois se vérifie-t-elle systématiquement ? Les territoires avoisinants en bénéficient-ils, par effet d’entraînement ? Le CGET et France Stratégie produisent une note d’analyse qui met 12 métropoles au banc d’essai.

Le Pacte État-métropoles [1] reconnaît aux métropoles un rôle crucial dans la croissance du pays, qui engage leur responsabilité vis-à-vis des territoires avoisinants. Il affirme la volonté de l’État de favoriser les coopérations entre les territoires dans une logique d’alliance et de renforcement mutuel. Un objectif qui, pour Cécile Altaber, chargée de prospective et de stratégie au CGET, et Boris Le Hir, chef de projet au département économie à France Stratégie « pose la double question de la capacité des métropoles à se développer et à faire rayonner leur dynamisme sur les territoires voisins ».

La dynamique métropolitaine

Pour y répondre, les auteurs de cette note d’analyse se sont appuyés sur l’étude Analyse du lien entre les métropoles et les territoires avoisinants dans le domaine productif*, cofinancée par le CGET, France Stratégie et l’Institut CDC pour la Recherche. Ils ont réalisé une série de calculs statistiques centrés sur 12 métropoles socio-économiques – Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Nice, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse –, en s’intéressant à différents périmètres, du pôle urbain [2] à la couronne [3] périurbaine. Sans oublier les zones d’emploi, de chaque métropole, contiguës à la métropole et plus éloignées.

Bilan ? « La dynamique métropolitaine est évidente », comme le montre la croissance de l’emploi observée dans les zones d’emploi englobant les 12 métropoles étudiées : de 1,4 % par an en moyenne, contre 0,8 % sur l’ensemble du territoire, sur la période 1999-2014. Il ne faut cependant pas généraliser. « Ces grandes villes connaissent des fortunes diverses », et si les zones d’emploi de Bordeaux, Montpellier ou Nantes ont vu leur poids dans l’emploi national augmenter sur la période étudiée, celles de Nice ou Rouen, par exemple, ont enregistré une croissance de l’emploi inférieure à la moyenne nationale.

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emploi_metropoles-2_30112017.jpg, par flavictoire [4]

© CGET - cellule cartographique 2017

Un effet d’entraînement qui reste à démontrer

Qu’en est-il alors de la capacité des métropoles à entraîner dans leur sillage les territoires avoisinants de leur région respective ? L’analyse du CGET et de France Stratégie mène au constat suivant : en matière de dynamique de l’emploi, « les effets d’entraînement sont globalement peu visibles ». Les 12 métropoles étudiées sont, toutefois, dans des situations différenciées. Certaines partagent leur dynamisme avec les territoires avoisinants, d’autres se développent en isolat, quand d’autres encore connaissent une dynamique de l’emploi moins favorable que celle des territoires voisins et que certains territoires apparaissent en difficulté. « Des études complémentaires doivent être engagées pour mieux déterminer la capacité d’entraînement des métropoles », concluent les auteurs.

* Étude de Nadine Levratto, Denis Carré, Marc Brunetto et Luc Tessier du laboratoire de recherche EconomiX (université Paris Nanterre).

Pour aller plus loin, consulter le rapport de recherche et la note d’analyse [5].

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