Territoire

Zoom sur le Grand Est

Vue sur la ville de Metz

© CC BY 2.0 JP Dalbéra/Flickr


Publié le 08/11/2018

Du 4 au 7 novembre dernier, le président de la République s’est rendu dans le Grand Est, dans le cadre du centenaire de la guerre 1914-18 – qui a profondément marqué cette région transfrontalière – et de rencontres avec des acteurs économiques et élus locaux de ce territoire au carrefour de l’Europe. L’occasion pour le CGET de zoomer sur l’action publique menée dans cette région et un projet de territoire dans les Ardennes.

Carte d’identité

  • La région, composée de 10 départements, a une superficie de 57 400 km2. Elle est limitrophe de quatre pays : l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse.
  • 5,5 millions d’habitants, soit 8,4 % de la population française totale ; 30 % de la population a moins de 25 ans.
  • Trois grands pôles urbains – Reims-Châlons-en-Champagne-Troyes ; Metz-Nancy-Épinal ; Strasbourg-Colmar-Mulhouse – et 5 132 communes rurales (91 % ont moins de 2 000 habitants).
  • Le secteur tertiaire marchand représente 46%  de la richesse (PIB) produite dans la région, l’industrie 19,2% et l’agriculture 3,3%.
  • 67 tiers lieux proposent des espaces partagés de travail.
  • 25 réserves naturelles régionales (RNR).

Revenus, accès aux services et à la culture, chômage…, retrouvez d’autres indicateurs sur la région Grand Est sur notre site.  

Soutien aux territoires du Grand Est

Villes moyennes

24 villes moyennes du Grand Est font partie du plan national Action Cœur de Ville pour redynamiser leur centre-ville, lutter contre la vacance commerciale, rénover le bâti et le patrimoine, faciliter la mobilité et l’accès au numérique…, afin de retrouver de l’attractivité économique et touristique.

Haut-Rhin

Guebwiller - Colmar

Vosges

Saint-Dié-des-Vosges - Épinal

Bas-Rhin

Saverne - Haguenau

Moselle

Sarreguemines - Forbach - Sarrebourg - Saint-Avold - Thionville

Meurthe-et-Moselle

Longwy - Toul - Lunéville

Meuse

Bar-le-Duc - Verdun

Ardennes

Sedan - Charleville-Mézières

Marne

Châlon-en-Champagne - Vitry-le-François - Épernay

Aube

Troyes

Haute-Marne

Saint-Dizier - Chaumont

Quelques exemples de projets de revitalisation
À Lunéville (19 000 habitants), l’une des actions emblématiques de la revitalisation est le chantier de restructuration et d’extension du cinéma, en centre-ville. La ville de Longwy (14 440 habitants), de son côté, requalifie la place Leclerc pour réaffirmer sa position centrale et son attractivité. En projet également, la construction d’un centre nautique intercommunal pour remplacer trois piscines très vétustes. À Sedan (17 300 habitants), le projet de revitalisation porte, notamment, sur la réhabilitation du marché couvert et la restructuration de l’espace public. À Charleville-Mézières (47 850 habitants), il concerne, entre autres, la création d’un pôle administratif unique, la création d’un itinéraire vélo de 14 km en voie sur berge sur les boucles de la Meuse et celle d’une centrale hydroélectrique sur une friche. À Bar-le-Duc (15 670 habitants), les actions les plus avancées sont la rénovation de l’ancien théâtre des Bleus, sélectionné par la mission Bern pour le loto du patrimoine, et celle du marché couvert, ainsi que la mise en place d’un dispositif d’aide à l’installation des commerçants, de type « Boutique à l’essai »…

Maisons de services au public

141 Maisons de services au public sont déployées dans la région :

  • Ardennes (08) : 19 Maisons de services au public ;
  • Aude (10) : 11 Maisons de services au public ;
  • Marne (51) : 14 Maisons de services au public ;
  • Haute-Marne (52) : 8 Maisons de services au public ;
  • Meurthe-et-Moselle (54) : 18 Maisons de services au public ;
  • Meuse (55) : 10 Maisons de services au public ;
  • Moselle (57) : 11 Maisons de services au public ;
  • Bas-Rhin (67) : 14 Maisons de services au public ;
  • Haut-Rhin (68) : 6 Maisons de services au public ;
  • Vosges (88) : 30 Maisons de services au public.

À savoir
Dans ce lieu unique, les usagers – particuliers ou professionnels – accèdent aux premières informations et orientations grâce à un ou des animateurs-médiateurs. Copiloté par le CGET, le dispositif permet de délivrer une offre de proximité de services et qualité à l’attention de tous les publics. Les Maisons sont essentiellement implantées dans les zones rurales éloignées des villes, mais aussi dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Localiser une Maison de services au public ici.

Politique de la ville

La région comporte 116 quartiers prioritaires de la politique de la ville, dont certains figurent parmi les plus pauvres du territoire métropolitain. Réunis au sein de 40 contrats de ville, ces ensembles urbains hébergent 397 000 habitants, soit 7,2 % de la population totale du Grand Est.  C’est l’une des régions les plus impliquées dans la politique de la ville (lire la note rapide de la préfecture de région).

41 de ces quartiers sont concernés par le NPNRU, le nouveau programme national de renouvellement urbain : 14 au titre des projets d’intérêt national et 27 au titre des projets d’intérêt régional.

Éducation prioritaire : le Grand Est compte 150 établissements scolaires en réseau d’éducation renforcée (Rep+), où les classes de CP et de CE1 ont été dédoublées pour faciliter l’apprentissage des enfants et leur maîtrise des savoirs fondamentaux. Par ailleurs, 43 programmes de réussite éducative permettent de proposer un parcours d’accompagnement individualisé à 7 000 enfants, dans 99 quartiers prioritaires de la région. Ces élèves sont soutenus par un réseau pluridisciplinaire de 500 professionnels (enseignants, psychologues, associations d’éducation populaire, collectivités territoriales, caisses d’allocations familiales, etc.)

Sur les actions de soutien à la réussite éducative, (re)lire notre article (05/11/2018).

Soutien aux entreprises

L’État s’est engagé au côté des entreprises (PME et grandes entreprises) au travers de la prime d’aménagement du territoire (PAT) en soutenant 19 projets dans la région Grand Est, entre 2014 et 2018, qui représentent des investissements totaux de 429 millions d’euros.

Cet engagement a permis de contribuer au maintien de plus de 1700 emplois et de participer à la création de plus de 1100 nouveaux emplois.    

 

Projet de territoire

Un pacte stratégique pour la réussite des Ardennes

Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, a présidé, le 7 novembre dernier à Charleville-Mézières, une réunion de travail avec les élus ardennais, en présence de Serge Morvan, commissaire général à l’égalité des territoires. Objectif : faire un point d’étape sur la démarche d’accompagnement et d’appui renforcé, engagée en faveur du département des Ardennes, frappé par la crise.

Depuis la crise économique de 2008, le département des Ardennes a fait l’objet d’un important accompagnement de la part de l’État, face aux crises des secteurs de la sidérurgie et de la fonderie. Elles ont eu pour conséquence un appauvrissement de la population, un taux de chômage accru et une déprise démographique.

Pour aller plus loin, le Gouvernement souhaite élaborer un pacte stratégique pour les Ardennes, en associant la Région, le Département, les collectivités locales, les principaux établissements publics, les acteurs économiques, les chambres consulaires et les forces vives ardennaises. Objectif : mettre au point un plan de développement d’accompagnement pertinent, solide et partagé.

Piloté par le préfet de département, que le Premier ministre a missionné en août dernier, ce projet de redynamisation territoriale se construit donc sur une méthode participative qui préfigure, par ailleurs, la méthodologie d’action de la future Agence nationale de la cohésion des territoires.

La construction du projet de territoire repose sur 17 groupes de travail thématiques et multisectoriels autour de quatre axes stratégiques :

  • mobiliser et renforcer les compétences des Ardennais : développer une offre de formation attractive depuis le premier degré jusqu’aux filières supérieures ; favoriser la fertilisation croisée entre l’entreprise, la R&D et la formation ;
  • construire une valorisation du patrimoine ardennais, bâti et naturel : développement touristique et rénovation énergétique des bâtiments ;
  • faire prendre de l’avance aux filières économiques ardennaises face aux mutations en cours comme les filières bois et agricole (valorisation agroalimentaire), avec des potentiels dans les énergies renouvelables et les savoir-faire industriels ;
  • renforcer les conditions de bien-vivre dans les Ardennes : développer l’offre médico-sociale et l’offre de services aux personnes âgées ; rénover les infrastructures de mobilité ; promouvoir les atouts du département des Ardennes.

D’ores et déjà, ces travaux ont fait émerger 110 fiches-projets. Pour être mis en œuvre, certains projets nécessitent des leviers d’action nationaux pour la plupart fiscaux, réglementaires ou budgétaires ; d’autres opérations requièrent un accompagnement en ingénierie. Le travail interministériel d’expertise de ces propositions va se poursuivre, durant le mois de novembre, sous l’égide du CGET.