OBSERVATOIRE DES TERRITOIRES

Un 5e rapport axé sur « L’emploi dans les territoires »


Publié le 13/12/2016

Le 13 décembre dernier, l’Observatoire des territoires – sous la présidence de Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités locales – a finalisé son cinquième rapport consacré à l’emploi dans les territoires. Faits marquants.

Croissance de l’emploi, dynamiques démographiques, métropolisation, évolution des disparités spatiales du chômage et de la qualité des emplois…, ce rapport a pour objectif de guider les acteurs publics dans l’élaboration de diagnostics territoriaux.

L’intégralité du rapport interactif sera consultable à partir du début janvier.

 

40 ans de mutations

Depuis quarante ans, la géographie de l’emploi a profondément changé. Le recul des emplois dans l’industrie (2,9 millions en moins entre 1975 et 2012) et dans l’agriculture (1,4 million en moins) s’est accompagné d’une augmentation des emplois tertiaires (9,4 millions, dont 4,5 millions d’emplois publics). L’économie productive s’est tertiarisée depuis les années 1970.

Conséquences de ces mutations ?

  • des territoires moins spécialisés et plus homogènes dans leurs structures d’activités ;
  • de fortes différences territoriales. Les activités de production intellectuelle qualifiées (conception-recherche, gestion, prestations intellectuelles, etc.) sont concentrées dans les espaces métropolitains, alors que les activités de production matérielle (agriculture, fabrication manufacturière, BTP…), globalement en déclin en France, sont plus représentées dans les espaces ruraux.

 

Emploi et démographie intimement liés

Les zones dynamiques en matière de croissance de l’emploi correspondent aux espaces de forte croissance de la population. Elles restent identiques depuis 1975 : grande couronne parisienne, métropoles et villes moyennes du Grand Ouest, Gironde, bassin toulousain, pourtour méditerranéen, couloir rhodanien et Alpes, Corse.

À l’inverse, les zones en déclin démographique (centre, Nord-Est, massif pyrénéen, intérieur de la Bretagne et Perche) connaissent une baisse continue du nombre d’emplois depuis quarante ans.

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dynamique1_13_12_16.jpg, par flavictoire

 

Croissance de l’emploi : dans les grandes aires urbaines, mais pas que…

Les principaux bénéficiaires de la croissance de l’emploi sont les aires urbaines, qui concentrent, en 2012, 87 % des emplois pour 84 % de la population. Un phénomène exponentiel sachant que les très grandes aires urbaines (plus de 500 000 habitants, hors Paris) connaissent la croissance de l’emploi la plus élevée depuis 1975 (1 % de croissance annuelle moyenne).

Néanmoins, le rapport souligne qu’il n’existe pas de lien de causalité direct entre la taille des villes et les performances économiques. La preuve ? Une croissance plus faible de certaines très grandes aires urbaines (Saint-Étienne, Rouen, Douai-Lens et Lille) et plus forte de petites aires urbaines (au sud d’une ligne Cherbourg/Lyon).

L’Observatoire des territoires explique le dynamisme des différents espaces par plusieurs facteurs :

  • des effets de spécialisation (secteurs porteurs) ;
  • des effets d’inertie (stabilité de la croissance de l’emploi) ;
  • des effets d’appartenance macrorégionale (dynamiques positives des régions de l’Ouest et du Sud ; déclin du nord-est).

 

Une géographie du chômage stable et très contrastée

Fin 2015, le taux de chômage des 15-74 ans s’élève à 10,2 % (7,2 % fin 2007) en France, soit plus d’un point au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (9 %). La géographie du chômage est très contrastée et très stable au cours des dernières décennies :

  • 4,8 % taux de chômage le plus faible en 2014 (zone d’emploi de Houdan, Yvelines) ;
  • 34,4 % taux de chômage le plus élevé en 2014 (zone d’emploi de Saint-Laurent, Guyane).

En France, les plus forts taux de chômage (+15 %) se trouvent dans les Dom, dans les zones d’emploi du littoral languedocien (premières touchées dans les années 70 par la hausse du chômage), et dans les Hauts-de-France, depuis l’accélération de la désindustrialisation dans les années 80 et 90. Le rapport de l’Observatoire des territoires insiste sur la persistance de ces contrastes géographiques.

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disparites_territoriales_13_12_16.jpg, par flavictoire

 

Une déconnexion entre chômage et création d’emplois

Certains espaces comme le pourtour méditerranéen (zones d’emploi de Montpellier, Narbonne, Perpignan, Avignon…) connaissent un taux de chômage élevé mais une dynamique de créations d’emplois. Ce phénomène se retrouve aussi dans la plupart des agglomérations. Constat : les créations d’emplois ont très peu d’influence directe sur le taux de chômage.

Pourquoi ce paradoxe ? Plusieurs raisons s’additionnent :

  • la mobilité croissante des salariés vers les zones pourvoyeuses d’emplois ;
  • une déconnexion entre les besoins en qualification des entreprises et le profil des actifs résidents ;
  • un dynamisme de création d’emplois pas toujours suffisant pour absorber celui de la population active.

 

Zoom sur l’Observatoire des territoires
 

Créé par décret en 2004 et animé depuis 2014 par le CGET (dans la continuité de la Datar), l’Observatoire des territoires rassemble, analyse et diffuse les données géographiques relatives aux dynamiques et aux disparités territoriales, produites par les administrations en charge des politiques d’aménagement du territoire.