Actualité de la politique de la ville

Le réseau de l’État focalisé sur les leviers de la mobilisation nationale pour les quartiers


Publié le 19/04/2018

Nouvelle feuille de route de la politique de la ville, emplois francs, plan d’investissement dans les compétences, renouvellement urbain, Grande école du numérique… Agenda bien chargé, le 12 avril dernier, lors de la rencontre des préfets délégués pour l’égalité des chances, sous-préfets et référents préfectoraux chargés de la politique de la ville, réunis au CGET. Un séminaire marqué par la présence de nombreux intervenants extérieurs, venus présenter ces grands dispositifs.

Près de 30 préfets délégués pour l’égalité des chances (Pdec), sous-préfets et référents préfectoraux chargés de la politique de la ville – venus de métropole, Guyane et Réunion – se sont retrouvés au CGET, le 12 avril dernier, pour faire le point sur l’actualité de la politique de la ville, particulièrement riche en ce moment.

Coconstruction de la feuille de route de la politique de la ville

Sébastien Jallet, commissaire général délégué et directeur de la Ville et de la Cohésion urbaine, au CGET a présenté l’état d’avancement de la démarche de coconstruction de la feuille de route de la politique de la ville : notamment, au niveau national, la réflexion menée par dix groupes de travail, la mission confiée à Jean-Louis Borloo, les avis du Conseil national des villes et des associations d’élus, ainsi que la constitution du Conseil présidentiel des villes.

Cette démarche s’appuie également sur une très large concertation locale, menée par les préfets : 180 rencontres ont réuni plus de 15 000 participants. Elles ont impliqué des conseils citoyens, associations, adultes-relais, élus, bailleurs, entreprises, de la prévention spécialisée, du mouvement sportif, chambres consulaires, de Pôle emploi…

Les préconisations issues de cette grande mobilisation pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) seront présentées en Comité interministériel des villes (CIV), en mai prochain. D’ores et déjà, les concertations des acteurs de terrain ont fait émerger quatre sujets de préoccupation, très liés au quotidien des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville : la parentalité, l’accès aux stages de 3e pour les collégiens, la maîtrise de la langue française et la fracture numérique. En outre, 250 initiatives innovantes ont été repérées par l’État local. L’ensemble de ces contributions seront réunies et diffusées sous la forme de Cahiers de la coconstruction.

Le réseau de l’État partage son expérience de terrain

Les participants ont échangé avec les équipes du CGET. Ils ont notamment alerté sur les effets de la baisse des volumes et des taux de prise en charge par l’État des contrats aidés (200 000 contrats financés en 2018, avec un taux moyen de 50 %).

Cette baisse se fait sentir sur les structures associatives de proximité, comme les centres sociaux associatifs qui réduisent leur personnel d’accueil. L’impact risque de s’accroître au fil de l’année, à mesure que les emplois en contrats aidés arriveront à terme et ne seront pas renouvelés, constatent-ils. Pdec, sous-préfets et référents préfectoraux ont, cependant, observé des initiatives positives pour faire face à cette évolution : réorganisation des structures, coopération et mutualisation des moyens entre associations… Sur ce sujet, lire aussi l’avis du Conseil national des villes.

Des dispositifs à soutenir pour l’emploi et les familles

Sébastien Jallet a présenté le dispositif des emplois francs, déployé depuis le début du mois d’avril. Destiné à encourager le recrutement des demandeurs d’emplois des QPV par une aide financière accordée aux employeurs (entreprises et associations), il est expérimenté dans sept territoires : agglomérations d’Angers, de Cergy-Pontoise, de Roissy Pays de France, de Grand Paris Sud, de Lille, de Marseille et le département de la Seine-Saint-Denis. Sébastien Jallet a appelé les représentants de l’État concernés à faire connaître ce dispositif auprès des missions locales et des entreprises en les informant via leurs chambres consulaires ou par voie de presse locale. Voir notre dossier.

Ont également été abordés d’autres enjeux pour la vie quotidienne des habitants et des familles des quartiers prioritaires. Des mesures de cohésion sociale seront, en effet, examinées lors du prochain Comité interministériel des villes : la construction de places d’accueil collectif d’enfants, car les QPV manquent notamment de places en crèches, mais aussi l’ouverture de nouveaux centres sociaux ou espaces de vie sociale.

Une rencontre ouverte aux opérateurs et acteurs de la politique de la ville

Au cours de cette journée de travail, plusieurs opérateurs des politiques publiques ou actions de proximité menées dans les quartiers prioritaires sont venus présenter leur actualité au réseau de l’État : Nicolas Grivel, directeur général de l’Anru, Muriel Domenach, secrétaire générale du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR), Samia Ghozlane, directrice de la Grande École du numérique (voir appel à labellisation >> lien) entourée d’Alain Assouline, président de Webforce3, et de François Durollet, directeur général de Simplon.co (relire notre reportage 30/05/2017), et Carine Seiler, conseillère spéciale auprès du Haut-Commissariat à la transformation des compétences, ainsi que des porteurs de projets et acteurs de la culture hors les murs. Ils ont échangé avec les participants, de manière très concrète, sur leurs grands chantiers en cours, leurs pratiques de terrain et leurs enseignements.

Le plan d’investissement dans les compétences (Pic) dans les QPV
Doté de 15 milliards d’euros et conduit sur la durée, jusqu’en 2022, le Pic vise à former un million de jeunes peu ou pas qualifiés et un million de demandeurs d’emploi de longue durée, de manière adaptée à la transformation du marché, à l’évolution des compétences recherchées ainsi qu’aux enjeux et besoins des territoires. 
Le Pic ciblera notamment des bénéficiaires issus des quartiers de la politique de la ville, soit à travers les programmes de formation nationaux, soit régionaux (contractualisés entre l’État et les Régions).
En savoir plus sur le Pic.