Lutte contre les violences faites aux femmes

Le CGET promeut des pratiques de terrain qui ont fait leurs preuves


Publié le 24/11/2017

Le 25 novembre est la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. C’est ce jour-là que le préseident de la République (lire article) a annoncé le nouveau plan de lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Le CGET accompagne des actions concrètes, qui vont dans ce sens, dans tous les territoires.

Dans le prolongement de sa contribution au 5e Plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-19) avec des mesures ciblées sur les quartiers de la politique de la ville et les territoires ruraux, le CGET a contribué à ce nouveau plan à travers notamment le développement des marches exploratoires des femmes et des actions de formation à la non- discrimination. 

À savoir
Cette thématique des violences constitue l’un des principaux sujets abordés dans le cadre des ateliers du Tour de France de l’égalité, qui doivent nourrir la feuille de route du Gouvernement en rapport avec la Grande cause nationale du quinquennat (cartographie des ateliers disponible par département ici).

 

Le CGET a promu des pratiques qui ont fait leurs preuves sur le terrain. Exemples avec trois d’entre elles.

 

Maisons de services au public
Des relais possibles de la prévention des violences faites aux femmes

Dans les Hautes-Alpes, des Maisons de services au public ont noué un partenariat avec le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF).

Dans le prolongement de démarches initiées dans le cadre des Relais services publics, une à deux fois par mois, les Maisons de Laragne, Embrun et Veynes accueillent une permanence du CIDFF sur les violences intrafamiliales, aux côtés de permanences juridiques. Elles font partie des 65 Maisons de services au public qui ont conclu un partenariat avec le CIDFF sous différentes formes, en fonction des contextes locaux (sur le champ des violences et/ou de l’accès aux droits).

Ici, l’accueil se fait sur rendez-vous soit directement par la personne qui effectue les entretiens, soit par l’intermédiaire d’un·e professionnel·le· du travail social. En complément de ces rendez-vous physiques, un système de visio-conférence est proposé : les usagères de ces MSAP en dehors des jours de présence, mais également d’autres MSAP situées dans des endroits plus éloignés en territoire de montagne, peuvent ainsi accéder aux services du CIDFF.

Par ailleurs, les agents des Maisons de services au public sont formés par le CIDFF aux problématiques de violences faites aux femmes et peuvent ainsi les conseiller et les orienter vers le CIDFF ou la Maison des solidarités, selon leur situation.

Ce type de partenariat permet d’accompagner des femmes que le CIDFF ne pourrait pas toucher en multipliant les points d’accueil et d’information sur le territoire. Les MSAP constituent ainsi un relais utile pour une meilleure prise en charge des femmes. Une démarche d’autant plus nécessaire que les usagers des Maisons de services au public sont, en majorité, des femmes…

CIDFF : http://www.infofemmes.com/v2/accueil.html

À savoir : le CGET, avec la Caisse des dépôts, pilote ce dispositif d’accessibilité et de mutualisation de services au public, en particulier dans les zones rurales isolées
https://www.maisondeservicesaupublic.fr/

 

Marches exploratoires
« Valoriser des femmes qu’on ne voit jamais »

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marches_exploratoires_30112017.jpg, par flavictoire

 

Sophie Latour, directrice d’Interm’aide, nous explique pourquoi son association soutient les marches exploratoires de femmes, à Creil, l’une des 12 villes où ce dispositif a d’abord été expérimenté.

Quand votre association s’est-elle engagée dans cette démarche ?
Face au constat que certaines rues ou parcs sont désertés par les femmes et que celles-ci sont exclues de la participation citoyenne, Interm’aide a participé à l’expérimentation nationale, portée par France Médiation, avec le soutien du CGET et du SGCIPD, dans le quartier prioritaire des Hauts-de-Creil entre 2014 et  2016. Suite à cela, les marcheuses n’ont pas voulu arrêter les marches exploratoires malgré des réactions parfois hostiles dans le quartier… 

Comment se déroulent les marches exploratoires ?
Elles suivent un protocole strict et se déroulent après un long travail, mené en amont. Il faut d’abord constituer un groupe de 18 marcheuses environ et cartographier avec elles les lieux qu’elles jugent problématiques (mal éclairés, sales, insécurisants…). Ensuite la marche se tient sur une journée en trois temps – le matin, l’après-midi et le soir –, car les ambiances, la fréquentation et l’éclairage y sont différents.

Une restitution officielle et des propositions sont ensuite remises aux élus, ce qui nécessite un travail de préparation de mise en confiance des marcheuses et d’apprentissage de la prise de parole en public. Enfin, les propositions font l’objet d’un travail de suivi par l’association Interm’aide.

Qu’apporte cette démarche à la prévention/lutte contre les violences faites aux femmes et, plus généralement, à l’égalité femmes-hommes ?Cette démarche, outre les améliorations de l’aménagement urbain qu’elle suscite (éclairage, mise en valeur d’espaces, ralentisseurs…), permet de valoriser des femmes qu’on ne voit jamais : elle accompagne des femmes qui n’ont pas accès à l’espace public de la même façon que les hommes.
 Elles en sont souvent tenues à l’écart. Le travail que les marcheuses réalisent collectivement revêt un aspect déclencheur. Il les amène à avoir une meilleure image d’elles-mêmes et, parfois, à s’investir dans une formation professionnelle ou dans une association de quartier.
Contact : association Interm’aide intermaide@orange.fr

Une pratique qui essaime
Les marches exploratoires vont essaimer dans dix nouveaux lieux, à partir de janvier 2018. À l’issue d’un appel à candidatures, lancé par France Médiation, avec le soutien du CGET et du secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, ont été retenues les villes suivantes : Stains, Soyaux, Antony, Seyne-sur-Mer, Saumur, Le Havre, Gennevilliers, Annonay, Saint-Étienne et Saint-Fons. 

(Re)lire notre article et les témoignages de marcheuses ici (06/02/2017).
Télécharger la publication du CGET, En bref n°17 « Quand des femmes changent leur ville en marchant » ici.

 

Accès aux droits
Des permanences d’accueil des femmes migrantes

La Cimade, association de défense de la dignité et des droits des personnes réfugiées et migrantes, a mis en place des permanences d’accueil et d’accompagnement dédiées aux femmes étrangères. En effet, en tant que migrantes, elles sont souvent confrontées à une double violence, sexiste et résultant d’une situation administrative souvent précaire. En 2016, la Cimade a conseillé plus de 2 300 d’entre elles, partout en France.

Quel est le contexte ? La situation administrative instable des femmes migrantes les fragilise et engendre nombre de difficultés (délivrance et renouvellement problématiques du titre de séjour, par exemple). Cette fragilité peut être aggravée, au sein des familles, par des violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Or, leur dépendance administrative vis-à-vis du conjoint, les difficultés à faire valoir leurs droits, la méconnaissance de la langue, du fonctionnement des administrations ou des dispositifs de prise en charge, par exemple pour des soins, deviennent des facteurs qui empêchent ces femmes de se soustraire aux violences subies.

Des permanences dans toute la France - En 2016, la Cimade a conseillé plus de 2 300 femmes et en a accompagnées plus de 750 dans leurs démarches pour les aider à sortir de ces violences et à s’autonomiser, en accédant à une situation administrative stable. Les femmes victimes de violences sont reçues dans toutes les permanences de la Cimade, mais des permanences dédiées existent en Île-de-France, à Lyon et à La Réunion. Celles de Nantes et Montpellier accompagnent spécifiquement les femmes victimes de la traite des personnes.

À savoir : le CGET soutient cette action qui permet l’accès effectif aux droits de ces femmes en France, en prenant en compte la globalité des situations de violences subies. Cet axe faite partie du 5e Plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes 2017-2019 (détails ici).

Contact : service Presse - Rafael Flichman, au  01 44 18 72 62 ; rafael.flichman@lacimade.org 
http://www.lacimade.org/

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