ONPV

L’Observatoire national de la politique de la ville publie son premier rapport annuel

Jean Daubigny, président de l'Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) remet le rapport 2015 à Hélène Geoffroy, secrétaire d'État chargée de la Ville, mardi 3 mai 2016.

Photo : H.Vanmalle / Service communication CGET


Publié le 03/05/2016

L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) a publié son premier rapport, le 3 mai. Niveau de vie, emploi, éducation, santé, sécurité… Il décrit la situation dans les nouveaux quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), sans oublier des focus sur les anciennes zones urbaines sensibles.

Dans son premier rapport annuel, l’ONPV propose une analyse contrastée, fruit de plusieurs mois de travaux, sur une réalité économique et sociale difficile, notamment pour les femmes et les jeunes. Mais il souligne aussi une perception plus positive de leur cadre de vie ou des aspects environnementaux (espaces verts, entretien des rues…).

Structuré autour des trois thématiques qui sont les piliers des contrats de ville, ce rapport traite de la cohésion sociale, du cadre de vie et du renouvellement urbain ainsi que du développement économique et de l’emploi.

Quelques faits marquants

Le rapport de l’ONPV observe qu’au moins deux collégiens sur trois résidants en QPV fréquentent un établissement scolaire à faible mixité sociale, très souvent classé en réseau d’éducation prioritaire.

En 2014, le taux de chômage des résidents des QPV s’élève à 26,7 % contre à peine 10 % dans le reste des agglomérations. Les titulaires d’un diplôme de niveau Bac +5, voire plus, occupent fréquemment un emploi peu qualifié, d’employé ou d’ouvrier (environ 1 habitant sur 5), un fait rarement constaté dans les autres territoires (5 %).

Près d’une femme sur trois de 30 à 49 ans est inactive : ni en emploi, ni au chômage. C’est deux fois plus que dans les autres territoires.

Les jeunes de moins de 30 ans sont moins diplômés que dans les autres territoires : 61 % ont un niveau d’étude inférieur au baccalauréat (contre 37,7 %). Seulement la moitié d’entre eux est en activité.

600 quartiers ont bénéficié d’opérations du programme national de rénovation urbaine, achevé aux trois-quarts.

Consultez le rapport 2015 sur : http://publications.onpv.fr/RAPPORT_2015
ainsi que la synthèse : http://publications.onpv.fr/synthese_rapport_2015

Repères
L’Observatoire national de la politique de la Ville (ONPV) a été installé le 19 janvier 2016 par Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Constitué de 47 membres et présidé par Jean Daubigny, cette instance est en charge de l’observation de la situation socio-économique et urbaine des quartiers prioritaires, et de l’évaluation des politiques publiques qui y sont déployées.  Le CGET assure le secrétariat de l’ONPV.

 

Trois questions à Jean Daubigny, président de l’ONPV

3-questions-a_jeandaubigny.png, par hvanmalle

 

1) En quoi ce premier rapport est-il différent des précédents publiés par l’Onzus ?

L'ONPV a été installé le 19 janvier dernier par le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner et son premier rapport est un rapport de transition, qui porte majoritairement sur les nouveaux quartiers de la politique de la ville définis par la loi du 21 février 2014, mais aussi, pour certaines thématiques, sur les anciens périmètres appelés zones urbaines sensibles (Zus). Le portrait dressé en 23 articles est multithématique ; il amorce un tournant dans notre méthode de travail puisque nous mettrons désormais l’accent sur l'évaluation des politiques publiques plus que sur leur seule description.

2) Quels sont les principaux enseignements de ce rapport ?

Ce rapport est structuré autour des thématiques qui fondent les trois piliers des nouveaux contrats de ville : la cohésion sociale ; le cadre de vie et le renouvellement urbain ; le développement économique et l'emploi. Il décrit une réalité sociale et économique qui reste difficile dans les quartiers prioritaires, en particulier pour les femmes, et en particulier s’agissant de l’accès à l’emploi, même lorsque les habitants disposent des diplômes ou formations adéquats.  Ainsi, le niveau de chômage reste plus élevé dans ces quartiers, et les conditions d'emploi  y sont plus précaires. Un constat qui invite à redoubler d'efforts dans la mise en œuvre de la nouvelle loi. Mais le rapport met aussi en lumière de nets progrès, par exemple dans les conditions de vie et il rappelle l'importance des actions engagées pour l'insertion des jeunes. À noter également quelques surprises par rapport aux stéréotypes : 80 % des habitants  déclarent maintenant porter un regard positif sur leur quartier.

3) Quelles orientations souhaitez-vous apporter à l’ONPV ?

Trois mots-clefs : continuité - mais pas routine - dans l'observation, chiffrée et qualitative; renouvellement, dans l'évaluation des résultats ; recommandations, là où il le faut. Telles sont les grandes missions de l'Observatoire, rappelées par la secrétaire d'État chargée de la Ville, Hélène Geoffroy. Pour faire monter en puissance le rôle d'évaluation de l'ONPV, son comité d'orientation planchera dans les toutes prochaines semaines sur la fixation de ses orientations et méthodes pour les trois années à venir. Je salue l'engagement convaincu de ses membres pour réussir cette grande mission, et à l'unisson, celui des personnels du CGET qui y concourent. Car notre orientation globale, c'est clairement, à terme, une véritable évaluation, et non plus une description de situation.