Le grand témoin

Jean-Benoît Albertini, préfet de l’Essonne (91), présente le dispositif des quartiers de reconquête républicaine dans son département

Gérard Collom, ministre d'État, ministre de l'Intérieur, et Jean-Benoît Albertini, préfêt de l'Essonne (91).


Publié le 27/09/2018

Le 18 septembre dernier, le ministre de l’Intérieur a lancé les quartiers de reconquête républicaine sur votre territoire, aux Tarterêts, à Corbeil-Essonnes. Quels sont les enjeux pour ce territoire ?

Il s’agit d’un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), où le taux de pauvreté (au seuil de 60%) parmi les habitants était de près de 53 % et le taux de bas revenus déclarés de près de 69 %*.

Face à cette situation, l’État met en œuvre des politiques publiques ciblées visant l’égalité des chances – comme le dédoublement des classes de CP et de CE1 –, le développement économique et l’emploi – expérimentation des Emplois francs – ou l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie – destruction d’immeubles à étages élevés dans le cadre du renouvellement urbain.

Ces dispositifs territoriaux ont permis des améliorations significatives, notamment s’agissant de mixité sociale ou d’évolution de la délinquance de proximité.

Pour autant, et malgré la mobilisation quotidienne des forces de police, la tranquillité et la sécurité publiques demeurent des sujets de préoccupation. Sur le périmètre de la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) – que recouvre le quartier de reconquête républicaine –, quatre phénomènes de délinquance sont particulièrement prégnants : les trafics de stupéfiants, les vols avec violence, les affrontements entre bandes rivales et les violences à l’encontre des personnes dépositaires de l’autorité publique.

Le dispositif des quartiers de reconquête républicaine a pour ambition d’apporter une réponse d’ensemble aux difficultés qui persistent, en misant sur le renforcement de la présence policière et sur la poursuite, en collaboration étroite avec le parquet de justice, d’une action déterminée en matière de lutte contre les trafics et sur l’amplification de l’action interministérielle et partenariale.

Quels moyens vont venir renforcer la présence et l’action des forces de sécurité ?

En tant que quartier de reconquête républicaine, les Tarterêts bénéficient de 30 policiers supplémentaires, depuis ce mois-ci. L’objectif prioritaire étant d’accroître la présence policière sur la voie publique, ces renforts bénéficient principalement aux unités de terrain : 15 policiers ont ainsi rejoint la brigade spécialisée de terrain (BST) et 11 la brigade anti‑criminalité (Bac).

Le groupe de voie publique et le groupe d’appui judiciaire des infractions routières seront également renforcés (3 officiers et 1 agent de police judiciaire) pour faire face à l’augmentation d’activité induite par l’augmentation des effectifs des unités de voie publique.

En cohérence avec l’ambition attachée au dispositif de police de sécurité du quotidien (PSQ), l’action des forces de police ciblera plus particulièrement les phénomènes de délinquance les plus préjudiciables à la tranquillité publique : trafics de stupéfiants et occupations abusives des halls d’immeuble, ateliers de mécanique sauvages, présence de véhicules-épaves sur la voie publique, etc.

L’un des enjeux de la police de sécurité du quotidien est de renouer les liens avec les habitants et de travailler en partenariat avec tous les acteurs du territoire. Concrètement, comment cela va-t-il se mettre en œuvre ?

La stratégie de reconquête républicaine du quartier des Tarterêts donne la priorité au renforcement de l’action partenariale, qui se déploiera d’abord sur le terrain.

Ainsi, la BST interviendra sur une plage horaire étendue, avec une vacation en matinée, plus propice aux échanges avec les habitants, les commerçants, les conducteurs de bus, les gardiens d’immeuble et  les médiateurs urbains.

Par ailleurs, le partenariat avec l’Éducation nationale sera renforcé grâce, notamment, à l’action du délégué à la cohésion police‑population qui intervient efficacement auprès des élèves depuis 2013.

Les forces de sécurité s’attacheront également à développer les relations avec le secteur associatif avec le concours du délégué du préfet territorialement compétent.

Enfin, l’articulation avec la police municipale deviendra effective, cette dernière ayant vocation à reprendre pied dans le quartier des Tarterêts à la faveur de cette nouvelle dynamique.

 

* Insee, Revenus, pauvreté et niveau de vie en 2014 – données publiées le 21/12/2017.

 

(Re)lire notre article « 60 quartiers dotés de renforts de policiers de terrain » (19/09/18).