AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

Dix ans pour transformer le bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais

Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais)

© Philippe Fruitier - Altimages


Publié le 09/03/2017

Le 7 mars dernier, le Premier ministre a réuni à Oignies (62) une réunion interministérielle consacrée au bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais, qui représente un territoire à enjeu dans les politiques d’aménagement. Marqué par la crise industrielle mais aussi par son patrimoine et son histoire ouvrière, ce bassin minier a fait l’objet d’un protocole d’engagement entre l’État et les collectivités – Région, départements et EPCI –, à cette occasion.

Le bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais va bénéficier d’un « effort supplémentaire de 100 millions d’euros. C’est un effort considérable de la part de l’État, une solidarité puissante et l’expression de notre foi dans l’avenir de ce territoire, a souligné Bernard Cazeneuve (…). Et il y a beaucoup de fonds européens qui interviennent dans ce projet. Le bassin minier, comme d’autres territoires français, ont besoin de pouvoir continuer à bénéficier du concours de l’Union européenne ». En vidéo ici.

Signé par le Premier ministre, le préfet de Région et les élus locaux, le protocole d’« Engagement pour le renouveau du bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais » vise à « engager la métamorphose » de ce territoire, grâce à une approche transversale de son développement : logement et écoconstruction, urbanisme, santé, patrimoine, transport…

 

L’enjeu de ce contrat d’intérêt national, sur lequel État et collectivités se sont accordés, consiste à définir un cadre stratégique partagé et à donner les moyens d’impulser des projets pour redynamiser le développement économique et l’attractivité des 215 communes du bassin. Un enjeu primordial pour ses 1,2 million d’habitants…

Repères
 
Le bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais, c’est :
 
- 1 200 000 habitants (20 % de la population des Hauts-de-France) ;
- 8 intercommunalités, 3 pôles métropolitains et 251 communes ;
- un taux moyen de chômage de 19,7 %, soit 10 points au-dessus de la moyenne nationale ;
- un taux de pauvreté de 23,1 %, contre 14,5 % au niveau national.

Le protocole du 7 mars propose un plan d’actions sur dix ans autour de quatre axes principaux pour faire du bassin minier un territoire d’excellence de la transition énergétique, favoriser la mobilité des biens et des populations, stimuler son développement économique et le niveau de formation de ses habitants, mais aussi leur rendre la fierté de leur territoire à travers son patrimoine.

Ce plan, qui fait suite à une mission interministérielle de réflexion sur la reconversion de ce territoire menée en 2016, s’articule autour d’actions concrètes. Quelques exemples :

  • pour les cités minières, notamment, un programme d’aménagement, de désenclavement et de restauration du bâti concernera 23 000 logements ;
  • soutien et développement de la filière de l’écoconstruction ;
  • reconquête des centres urbains dévitalisés, grâce à des opérations d’aménagement de grande ampleur, notamment pour le centre de Lens, les friches minières d’Hénin-Beaumont, la gare de Libercourt et celle de Béthune, le centre de Douai…

À savoir
 
Pour augmenter le nombre de ces opérations d’aménagement et d’équipement sur le bassin minier, l’État s’engage à mobiliser des crédits en complément des enveloppes régionales existantes (Fonds de soutien à l’investissement public local et Fonds national pour l’aménagement et le développement du territoire). Un Fonds d’investissement stratégique pour le bassin minier sera créé pour une période de dix ans.
 
Il sera abondé par l’État, à hauteur de 20 millions d’euros par an, et par les collectivités.

  • l’État proposera aux autorités organisatrices des transports de mettre en place une billettique unifiée, avec une tarification et un cadencement coordonnés ;
  • instauration de mesures incitatives sociales, fiscales et réglementaires pour créer un espace d’attractivité économique ;
  • élévation du niveau de qualification en adéquation aux besoins du territoire et soutien à l’emploi local ;
  • insertion par l’activité économique pour 450 demandeurs d’emploi de longue durée supplémentaires, chaque année ;
  • valorisation de l’image d’un territoire aux paysages attractifs…

À savoir
 
Le bassin minier
du Nord et du Pas-de-Calais est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012 en tant que « paysage culturel ». Une reconnaissance de son caractère exceptionnel sur lequel l’empreinte minière a pris des formes différentes en fonction des spécificités naturelles, agricoles ou urbaines, et d’une culture qui a été le creuset de 29 nationalités présentes sur ce territoire.

Cette réunion interministérielle s’est déroulée en présence de Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, de Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, d’Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable, d’Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et de Christian Eckert, secrétaire d’État chargé du Budget et des Comptes publics, ainsi que de Jean-Michel Thornary, commissaire général à l’égalité des territoires.

En effet, le CGET a contribué à la définition des actions à entreprendre au regard des enjeux d’aménagement du territoire : renforcer les centralités, améliorer la mobilité, favoriser le développement économique…