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Développement économique : l’attractivité territoriale se porte bien

© A. Dattola/Communication du CGET


Publié le 08/02/2018

L’attractivité économique de la France progresse. Pour preuve : de 2014 à 2016, les territoires ont attiré 2 650 nouveaux projets d’investissements directs étrangers. Et le président de la République lui a donné une impulsion lors du sommet « Choose France », du 22 janvier dernier, en présence de 140 dirigeants de multinationales. Charles-Louis Molgo, sous-directeur des mutations économiques, de l’emploi et de l’innovation au CGET, nous décrypte le positionnement de la France et les particularités territoriales.

Quels sont les atouts de notre pays, relevés dans Le Tableau de bord de l’attractivité de la France 2017 de Business France, auquel le CGET a contribué ? Comment se situe-t-il par rapport à ses voisins européens ?

Selon plusieurs indicateurs de classement, la France est très bien placée. Une situation qu’expliquent divers facteurs : la qualité de ses infrastructures (notamment électriques), ses hubs de transports, la productivité horaire du travail et le potentiel de financement des entreprises (notamment par le capital-risque), mais aussi la dynamique de création d’entreprise dans notre pays et celle des start-ups et de la French Tech, sans omettre la qualité et l’efficience de la recherche.

Des évolutions récentes soutiennent cette attractivité, comme le Programme d’investissement d’avenir et l’action de Business France, solide opérateur public unifié. Elles renforcent la capacité et la projection de la France à l’international.

Cette attractivité bénéficie-t-elle à tous les territoires ? Quels en sont les leviers ?

L’attractivité est très différenciée selon les territoires. Par exemple, le nord-est se montre plus ouvert aux capitaux étrangers, et davantage de sociétés étrangères y emploient des salariés que dans l’ouest. Mais il est aussi nécessaire de réaliser un examen très fin, au niveau des intercommunalités et des communes. C’est là que se joue pour beaucoup l’attractivité : capacité à proposer un foncier ou un immobilier adapté, proximité d’infrastructures, présences des compétences recherchées et à offrir, sur le bassin d’emploi, un cadre de vie attractif pour les actifs.

De manière générale, l’attractivité des territoires français s’est améliorée fortement ces derniers temps. La France conforte son 1er rang en matière d’accueil des investissements étrangers dans le domaine industriel et se positionne au 3e rang pour les décisions d’investissements dans les centres de R&D.

Les métropoles concentrent beaucoup d’emplois. D’autres territoires tirent-ils bien leur épingle du jeu ?

Le Bilan de l’internationalisation de l’économie de Business France fait ressortir qu’au-delà des sièges sociaux dans les métropoles, ce sont des territoires de villes moyennes, périurbains ou ruraux qui ont très majoritairement attiré les projets industriels ou logistiques (69 % des projets), ces dernières années.

Sous réserve d’identifier et de mobiliser les facteurs de développement exogène des territoires (filières de formation, infrastructures de communication et de télécommunications, environnement de qualité, présence de services publics…), ce ne sont pas seulement les métropoles, mais aussi leurs périphéries, les villes moyennes et les territoires ruraux, qui profitent de l’amélioration de l’image de notre pays.

Comment renforcer cette tendance ?

Le ministère de la Cohésion des territoires et le CGET, en lien avec Business France, se montrent vigilants à ce que la continuité d’actions des opérateurs publics (via les agences de développement), en lien avec les collectivités, conduise les territoires à faire valoir leurs atouts complémentaires vis-à-vis des investisseurs, tant nationaux qu’étrangers.

Quel rôle le CGET joue-t-il pour soutenir cette attractivité, au niveau local ?

Le CGET impulse, en tant que cotutelle de Business France, un bon fonctionnement des acteurs allant de l’international jusqu’au niveau territorial avec les agences de développement, les secrétariats généraux pour les affaires régionales (Sgar) et les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte). En outre, le CGET apporte des éclairages sur les territoires en redynamisation (aides à finalité régionale, AFR). Et ses équipes mobilisent les aides aux entreprises en lien avec les services déconcentrés de l’État. Sur les aides aux entreprises, (re)lire notre article (juin  2017).

Votre constat est encourageant pour les territoires…

Dans ce rapport, nous avons souhaité, comme chaque année, apporter une contribution afin de préciser ce qui se joue à un niveau territorialisé. Nous avons analysé – à partir des données des investissements directs étrangers disponibles – les dynamiques des villes moyennes et des territoires AFR. On remarque que ces derniers ont très bien tiré leur épingle du jeu dans le contexte économique actuel.

Dans le précédent rapport, nous avions réalisé un focus sur les métropoles, après la mise en œuvre du pacte État-métropole.

Le constat, c’est qu’il n’existe pas de loi permanente immuable ni de fatalité à l’attractivité territoriale. C’est donc un appel à la mobilisation des territoires. L’internationalisation de leurs entreprises à l’export ou leur ouverture sur d’autres écosystèmes peuvent être une solution. Notre conclusion est donc optimiste : les territoires peuvent décider de leur destin !

Contact CGET : MEEI@cget.gouv.fr

Investissements directs étrangers en France

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carte_dev_eco_08022018_2.png, par flavictoire

 

Quelques territoires qui attirent les industriels…
  
> L’Italien Bolton Group investit 2,5 millions d’euros dans l’extension de sa filiale Saupiquet, à Quimper (29).
> Le Suisse Liebherr Aerospace (fabrication des systèmes d’air pour l’industrie aéronautique) a investi plus de 14 millions d’euros sur son site de production, à Toulouse (31).
> L’entreprise allemande Car-ita (tissus à haute valeur ajoutée pour l’industrie automobile et aéronautique) crée une nouvelle unité de production, à Bitche (57).
> L’américaine Castle Metals (découpe et stockage des métaux) a investi 2 millions de dollars pour créer un site industriel, à Tarbes (65) afin de se rapprocher de ses clients de l’Aerospace Valley.
> L’allemand Blohm + Voss (construction et la réparation de navires civils et militaires) s’est vu confier l’exploitation de la Grande Forme des chantiers navals, à La Ciotat (13).
> La société de fret aérien Fedex investit 200 millions d’euros pour doubler la capacité de son hub de Roissy-Charles-de-Gaulle, en Île-de-France. Ce sera sa plus importante plateforme en dehors des États-Unis.

En savoir plus

Tableau de bord de l’attractivité de la France - Édition 2017
Tableau de bord de l'attractivité de la France - Édition 2016

Choose France : Sommet Choose France : trois milliards d’investissements étrangers pour les 5 ans à venir​